RAT a Week Winter S2

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Cela fait bien longtemps que je n’ai rien publié par ici. La faute aux journées qui ne font que 24 heures ;-). Peut-être que tu ne le sais pas mais je suis une maman comblée depuis 5 mois, un boulot à temps plein, auquel se greffe de nouveaux projets qui expliquent le silence qui tend à s’installer sur ce blog…

Néanmoins, comme j’aime d’amour blogounet, je me lance à corps perdu dans le nouveau marathon de notre GO Marjorie. Copiée mais inégalée (un message subliminal se cache…sauras-tu le deviner? #potindelablogo) je lui reste fidèle même si je ne mets jamais à jour mes marathons et que je suis à la traîne comparée au reste des marathoniens, marathoniennes.

En bref:

  • durée du RAT: du vendredi 3 février à 19h00 au dimanche 5 mars 2017 à minuit -> je tente les 5 semaines.
  • 3 catégories au choix, totalement adaptables -> j’opte pour la catégorie 1 : Toute la bibliothèque sous le plaid.
  • De nombreux défis -> défi nombre de page: je choisis le défi 3 « je ne pourrai lire que moins de 500 pages par semaine, mais je suis dans l’obligation de choisir 3 défis dont celui-ci. » -> défis complémentaires: »Défi 5 : j’opte pour trois couleurs différentes (exemple: les livres que je lirai auront l’un du rose, l’autre du vert, l’autre du bleu…) »: jaune, blanc, noir.« Défi 6 : je me fixe un nombre de livres à lire pendant la semaine »: minimum de 1.

    « Défi 7 : je lis un livre d’un auteur que je n’ai jamais lu »

Pas de PAL pour ce marathon.

MAJ semaine 1:

pour une enfance heureuse

54 pages lues.

209/297

Week-end à 1000 #16 // du 11 au 13 Novembre 2016

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Coup d’envoi du week-end à 1000kg, 1000 litres de tisane, 1000 pages à 19h00!

Nous savons que je n’arrive jamais à boucler mes challenges, mais peu importe 😉 Je suis décidée à dégager de ma PAL la sélection que je dois lire pour le GPDL ELLE.

Je profite que tout le monde dorme chez moi pour enfin m’inscrire, préparer, et publier ce billet. Ça va être sport 🙂

  • Lecture en cours: « Tout n’est pas perdu » – Wendy WALKER: reste à lire 217 pages.
  • « Madeleine Project » de Clara BEAUDOUX: 287 pages
  • « Voici venir les rêveurs » d’Imbolo MBUE: 420 pages
  • « Station Eleven » d’Emily St John MANDEL: 478 pages.
  • TOTAL = 1312 pages.
  • OBJECTIF REALISTE: finir « Tout n’est pas perdu » et lire « Madeleine Project ».

 

POLICE, Hugo Boris

Police, Hugo BORIS, aout 2016, Grasset, 189 pages, littérature française, roman. #MRL16 #PriceMinister

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Dans ce très bon roman, il sera question de:

PAF* OFPRA* Loi* Incendie

Centre de Rétention * Equipe

Ce roman de la rentrée littéraire 2016 dépasse le simple cadre littéraire et s’inscrit au cœur de l’actualité peu réjouissante de la police française, usée par les attentats et leurs conditions de travail. Peut-être est-ce un hommage à cette profession, un avis sur les conditions d’accueil et d’expulsion des réfugiés, je ne sais pas ; en tout cas, j’ai aimé découvrir les descriptions techniques qui m’ont immergée dans ce monde de flic inconnu pour moi, mais qui a mon profond respect.

Le temps d’une mission atypique, il est intéressant -voire indispensable- de monter avec trois gardiens de la paix en voiture pour partager un peu de leur boulot et beaucoup de leur vie. Car oui, derrière l’uniforme se présentent une femme, Virginie et deux hommes, Erik et Aristide.

Ils sont mandatés pour une reconduite à la frontière. C’est la fin de journée et l’incendie qui ravage un centre de rétention mobilise l’ensemble des forces de l’ordre et bouscule les habitudes et rôles de chacun. C’est pourquoi cette mission entrant dans les attributions de la COTEP leur est confiée à titre exceptionnel. Direction CDG, Charles-de-Gaulle, aéroport, pour y déposer un Tadjik, pauvre homme dont la demande d’asile est en-cours de traitement, mais dont la reconduite à la frontière, elle, a été actée.

La fatigue donc, et les soucis quotidiens de ces héros des temps modernes se heurtent à la carrosserie brûlante de la voiture qui les emmène du douzième arrondissement à Charles-de-Gaulle aéroport. Les portraits de ces protagonistes sont de beaux portraits d’homme et de femme, ni blancs, ni noirs. Leur psychologie est finement travaillée.  La famille, l’adultère, le système, les ordres à respecter tout comme la hiérarchie, l’empathie, la souffrance physique et morale, la fatigue, l’usure de la vie, la solitude, le rôle que l’on joue, sont autant de sentiments et d’attitudes qui électrisent le trajet et poussent nos protagonistes à agir et assumer leurs actes d’une manière peu orthodoxe.

Un très bon roman, bien documenté, à l’écriture ciselée, qui redonne une juste place à ceux qui sont devenus invisibles. 

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Lu dans le cadre des matchs de la RL2016

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Sélectionné par Antigone du blog Les lectures d’Antigone

 

Abraham et fils, Martin WINCKLER

Abraham et fils, Martin WINCKLER, février 2016, P.O.L, 576 pages, littérature française, roman.

En trois mots:  famille monoparentale, aventure, vie.

 

livre-abraham-et-filsQuatrième de couverture: Un jour du printemps 1963, une Dauphine jaune se gare devant le monument aux morts, sur la grand-place de Tilliers, petite ville de la Beauce. Elle transporte Abraham Farkas, médecin rapatrié d’Algérie,  proche de la cinquantaine et son fils Franz, âgé de neuf ans et demi. Abraham n’a qu’une seule préoccupation : son fils. Franz, lui, en a deux : son père et les livres. Leur vie a été brisée un an plus tôt par un « accident » qui a laissé Franz amnésique et dont Abraham ne lui parle jamais. Ils s’installent rue des Crocus, dans la grande maison où Abraham va se remettre à travailler. Ils vont devoir apprendre a vivre avec le reste du monde…

Mon avis:

Ce roman est une invitation au lâcher prise. Pour en saisir les multiples saveurs il faut non seulement prendre son temps et choisir son moment ; sans cela, vous passeriez à côté de ce petit bijou ! C’est une histoire simple, celle d’une vie : l’histoire d’un père, Abraham, et de son fils, Franz. Tous deux ont fui la guerre d’Algérie et posent leurs valises à Tilliers, dans la Beauce, en 1963, afin de repartir de zéro, d’aller au-delà de l’accident-dont-il-ne-faut-pas-parler.

Abraham rachète le cabinet médical du village et inscrit Franz, 10 ans, à l’école. Un trio de voix, au gré des chapitres, raconte tour à tour leur quotidien. Il y a le « je » de Franz, garçon attachant, féru de littérature et myope, puis le « il » pour Abraham, médecin généraliste dévoué à ses patients, et le « narrateur » quelque peu omniscient.

La relation filiale est décortiquée avec soin et la finesse d’approche des deux protagonistes saisit à la fois les tourments qu’un père peut avoir pour son fils et inversement. L’amnésie de Franz, suite au fameux accident qui les a déracinés, sert Abraham qui ne sait comment aborder le passé avec son fils. Pragmatique, la tête sur les épaules, ce sosie de John Wayne regarde devant lui grâce à l’amour qu’il porte à la prunelle de ses yeux et au partage d’un nouveau pan de sa vie avec Claire Délisse, malgré le poids d’une culpabilité qui se dévoile progressivement. Franz est un petit garçon timide, intelligent, observateur et bienveillant. Malmené à l’école par la brute de sa classe, il partage une réelle amitié avec deux copains de classe, et Luciane, sa demi-sœur adoptive, fille de Claire Délisse. Influencé par ses lectures, la curiosité débordante et l’imagination mordante, Franz va s’aventurer dans les recoins de la maison rue du (ou des) Crocus et découvrir un cahier mystérieux…en lien avec certaines consultations atypiques de son père qu’il ne peut s’empêcher d’épier.

À ce stade, l’histoire de ce père, Abraham, et de son fils, Franz, va s’inscrire dans l’Histoire et nous toucher tant dans notre rôle d’adulte voire de parent, que dans l’enfant qui sommeille en nous.

Ce livre surpasse les tragédies d’une vie dans un condensé de douceur. Remarquable.

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Lu dans le cadre du GPLE 2017

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Jury d’avril, sélection du jury de septembre

Ce qu’il nous faut c’est un mort, Hervé Commère

Ce qu’il nous faut c’est un mort, Hervé Commère, mars 2016, Fleuve noir, 398 pages, littérature française, roman noir.

En trois mots:  village, destinée, lingerie.

CVT_Ce-quil-nous-faut-cest-un-mort_8898Quatrième de couverture: Trois garçons pleins d’avenir roulent à flanc de falaise. C’est la nuit du 12 juillet 1998, celle d’I will survive. Ce que la chanson ne dit pas, c’est à quel prix. Les Ateliers Cybelle emploient la quasi-totalité des femmes de Vrainville, Normandie. Ils sont le poumon économique de la région depuis presque cent ans, l’excellence en matière de sous-vêtements féminins, une légende – et surtout, une famille. Mais le temps du rachat par un fonds d’investissement est venu, effaçant les idéaux de Gaston Lecourt, un bâtisseur aux idées larges et au coeur pur dont la deuxième génération d’héritiers s’apprête à faire un lointain souvenir. La vente de l’usine aura lieu dans l’indifférence générale. Tout le monde s’en fout. Alors ce qu’il faudrait, c’est un mort. De la corniche aux heures funestes de Vrainville, vingt ans se sont écoulés. Le temps d’un pacte, d’un amour, des illusions, ou le temps de fixer les destinées auxquelles personne n’échappe.

Mon avis: L’édifice sur lequel repose ce roman noir est solide, ce qui n’en rend sa construction que plus puissante. L’auteur part de la date phare du 12 juillet 1998, où on a tous hurlé « merci les bleus » « et un, et deux, et trois, zéro ! », pour faire basculer la vie de ses personnages vers leur destinée. Beaucoup de drames se sont déroulés cette nuit-là aux quatre coins de la France, un accident de voiture, une laissée pour morte, un viol, mais aussi de grands bonheurs avec une naissance et une rencontre.

Pourtant, tous ces individus, brisés ou non par la vie, vont se croiser une vingtaine d’années après cette folle nuit du 12 juillet 1998, dans une ville ouvrière de Normandie, Vrainville, réputée pour les Ateliers Cybelle, une usine de lingerie, fondée après la Première Guerre mondiale par Gaston Lecourt, le grand-père d’un des personnages de l’accident de voiture.

Grâce à la machine à remonter le temps, on s’attarde sur la création des Ateliers Cybelle, pour pénétrer de plein pied dans l’âme de cette cité ouvrière, pleine d’humanisme et de solidarité.

Sans ce formidable retour en arrière, dont on se délecte, la saga villageoise et le drame social qui en découle au présent n’auraient pas le même écho. Car après une belle période faste, la mondialisation et les soucis de rentabilité poussent le petit-fils du fondateur à fermer l’usine.

C’était sans compter sur la mobilisation des Vrainvilliers et des ouvrières prêtes à tout pour conserver leurs emplois. Tient, cela a comme un goût de déjà-vu… Dépeignant les maux de la société française d’aujourd’hui, via un constat objectif, l’auteur met en scène ses personnages, tous fouillés, qui selon leurs racines et leurs vécus se battent avec les moyens dont ils disposent, habités par leurs propres démons du passé.

On passe du flic noir à l’ouvrière passionnée en passant par l’héritier grand patron et l’avocat, sans oublier le rondouillard de maire libidineux. Chacun a ses qualités et ses défauts et s’en dépêtre comme il peut dans ce huis-clos vrainvilliers où l’un des leur, vu comme le doux agneau, va mourir. Accident ? Suicide ? Assassinat ? C’est l’explosion de la bombe amorcée vingt ans en arrière qui va accélérer les événements et exacerber les tensions de ce petit village.

Tout secret se sait un jour. Tout a un sens dès lors que la logique des individus est connue. Il faut souvent des tragédies pour les mettre en lumière. Le puzzle s’assemble et finalement les valeurs humaines l’emportent.

Ce roman noir dresse un portrait saisissant de notre société et, par un rythme et une plume unique, gagne à être lu.   

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Lu dans le cadre du GPLE 2017

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Jury d’avril, sélection du jury de septembre 2016.

La déposition, Pascale ROBERT-DIARD

La déposition, Pascale ROBERT-DIARD, janvier 2016, L’Iconauclaste, 300 pages, littérature française, document.

En trois mots:  famille, secret, tragédie.

COVER LA DEPOSITION

Quatrième de couverture: « Quand Guillaume Agnelet a quitté la barre, j’ai baissé la tête, je tremblais. Sur mon carnet j’ai griffonné mise à mort d’un homme. Deux jours après la déposition du fils, la cour d’assises a déclaré son père, Maurice Agnelet, 76 ans, coupable de l’assassinat de sa maîtresse et l’a condamné à vingt ans de réclusion criminelle. L’affaire avait trouvé son épilogue judiciaire.

Mais une autre histoire était venue la culbuter, tout aussi dense et douloureuse. Elle se passait juste à côté, elle avait duré presque aussi longtemps et on n’en avait rien su, rien deviné. J’avais la scène sans les coulisses. La lumière, sans les ombres. J’ai voulu comprendre. »

Mon avis: L’affaire Maurice Agnelet aurait pu ressembler à une partie de Cluedo, grandeur nature, ou même à une mise en scène tronquée où les Capulet et les Montaigu seraient les Le Roux versus les Agnelet. Tout est parti de la disparition d’Agnès Le Roux, héritière du Palais de la Méditerranée de Nice à l’automne 1977, alors qu’elle avait fait rentrer le loup dans la bergerie, sous influence dit-on, de son amant, le franc-maçon et avocat Maurice Agnelet. Ledit homme, lui-même suspecté, sera condamné pour son assassinat 37 ans après la disparition de la jeune femme, bien que son corps n’ait jamais été retrouvé.

Pourtant, la réalité a dépassé la fiction et il s’agit bel et bien d’êtres de chair et non de papier qui animent ces tragédies familiales retracées par la chroniqueuse judiciaire Pascale Robert-Diard, suite à ces échanges d’avec Guillaume Agnelet, le cadet, alors qu’elle couvrait le dernier procès du père, Maurice Agnelet. On pénètre dans l’intimité de la famille Agnelet, sans voyeurisme, puisque c’est à travers les yeux de Guillaume que la famille se met à nu. Et quelques frissons parcourt le lecteur dès lors que les événements chronologiques lui sont relatés dans l’intimité de cette famille.

Le père, qui se fait appeler Maurice et non « papa », est un homme qui aime le pouvoir, les affaires, l’argent et le sexe; la femme, Anne, mère de ses trois enfants -Jérôme l’aîné fauché par le SIDA dans sa vingtaine, Guillaume, le cadet dont la place dans la fratrie n’a pas été simple, et Thomas, le dernier fils handicapé- ferme les yeux sur les infidélités conjugales de son époux qui a notamment pour maîtresses Françoise et Agnès.

Malheureusement la famille Agnelet vole en éclats lorsque la disparition de la maîtresse est officielle. Il y a la séparation des parents, la perte de Jérôme, les confidences paternelle et maternelle sur Agnès, les accusations et les procès qui s’enchaînent. Pourtant, les Agnelet gardent la tête haute sur le devant de la scène. Guillaume mène de front un véritable combat avec son père et ses avocats, parce qu’il n’y a « pas de corps » Maurice Agnelet ne peut être condamné.

Ce que nul ne sait à ce stade là, c’est le combat que Guillaume se livre avec lui-même pendant près de 30 ans. Un combat invisible, sourd, vicieux du bon vieux secret de famille que tout le monde tait mais qui le tue à petit feu. Pour sauver sa peau, au sens propre comme au figuré, Guillaume, va révéler le secret des Agnelet et faire voler en éclat ce qui restait de sa famille.

Sa déclaration scelle la fin de la longue série de procès. Rideau final sur « l’affaire ». Familles anéanties. A quels prix?

On lit ce livre en pleine conscience de la souffrance d’un fils qui n’a pas été considéré par ses parents comme il aurait du l’être. Prêt à tout par amour pour sa famille, c’est son propre rôle de père qu’il a choisi. Sous la plume de l’auteur, il en deviendrait presque un héros. Un très beau document qui touchera aussi bien les férus de chroniques judiciaires que les lecteurs empathiques.

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Lu dans le cadre du GPLE 2017

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Jury d’avril, sélection du jury de septembre 2016.

I love Dick, Chris Kraus

I love Dick, Chris Kraus, 24 août 2016, Flammarion, 270 pages, littérature anglophone.

Lu en juin 2016 dans le cadre de la sélection FNAC RL 2016.

En trois mots: sexe, obsession, lettres.

Notes liminaires: Une couverture verte attirante suivi d’un avis dithyrambique de The Guardians « C’est le livre le plus important sur les relations homme-femme qui ait été écrit au XXe siècle. Un livre sans détour sur ce que c’est d’être une femme » et de belles références littéraires telles que Les liaisons dangereuses ou Madame Bovary me laissaient sous-entendre que ce livre serait un régal. Il m’aura donc déçue en plus de m’avoir ennuyée.

i love dickMon résumé et avis: I love Dick s’inscrit dans le roman épistolaire dans une relation triangulaire qui n’en est pas une.

Il y a Madame, Chris, et Monsieur, Sylvère, qui forment un couple d’artiste usé par le temps. Seule une complicité intellectuelle indestructible semble les lier. Au cours d’un dîner avec un ami de Monsieur, qui se prénomme Dick, Chris va être séduite par ce dernier. Avec l’appui de son mari, elle part donc en chasse, via un jeu de lettre qu’ils mettent en place. L’attirance qu’elle éprouve pour Dick est réelle mais n’est guère palpitante et vire, selon moi, à l’obsession.

A vouloir assouvir son désir sexuel à tout prix, Chris tourne en rond et le lecteur avec.

Il n’y a là qu’une pâle référence aux ouvrages classiques cités ci-dessus.

Je n’ai pas été séduite, ni par le fond ni par la forme qui aère légèrement l’ennui diffus de ce roman. A moins que je sois passée totalement à côté de cette pépite.

Dommage.

Jeu concours Rentrée Littéraire 2016 avec la FNAC! Les Résultats!

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Malgré la chaleur étouffante, l’été, pour beaucoup d’entre nous, tire sa révérence au profit de la rentrée…rentrée en salle d’accouchement dans pas longtemps pour moi, littéraire pour celles et ceux qui aiment ce moment de l’année! Comme je vous l’avais annoncé, j’ai participé au cru 2016 du prix du roman FNAC en qualité de jury (article par ici).

Cette année, pour la première fois, la FNAC organise un forum au Carreau du Temple à Paris, une sorte de salon du livre spécial RL, du 2 au 4 septembre prochain. Le programme est alléchant : rencontres, dédicaces, ballades littéraires en bus, et annonce du grand finaliste du Roman FNAC 2016.

L’intégralité du programme est accessible sur forumfnaclivres.com.

Comme tout salon qui se respecte, un invité d’honneur est présent, il s’agit de Jonathan Franzen:

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Et pour fêter l’occasion, la FNAC s’associe au blog pour faire gagner à deux d’entre vous son dernier livre « Purity » :

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Pour participer au tirage au sort, rien de plus simple: un gentil commentaire sous cet article en me disant si oui ou non vous irez faire un tour à ce premier rendez-vous parisien (le mode baleine étant activé chez moi, cela se décidera à la dernière minute).

Tirage au sort et résultat le 4 septembre 2016, à la clôture de cet événement! Bonne chance à tous!

PS: en septembre, c’est le retour du mois américain au cas où votre PAL serait en manque de littérature américaine 😉

Le hasard a désigné les deux chanceux suivants (en plus la parité est respectée):

  • Christine PAVIE
  • Dorian BIENAIME

Envoyez moi sous huitaine vos adresses postales, s’il-vous-plait, pour que je vous envoie le livre: leslivresdecamille@gmail.com

Un grand merci à tous pour votre participation et à la FNAC. Belle rentrée littéraire et à bientôt sur le blog.

Resultat tirage au sort FNAC

En douce, Marin LEDUN

CVT_En-douce_9268En douce, Marin LEDUN, 24 août 2016, Ombres Noires, une collection Flammarion littérature noire et policier, 251 pages, littérature française contemporaine.

Lu en juin 2016 dans le cadre de la sélection FNAC RL 2016, épreuves non corrigées.

En trois mots:  accident, bascule, séquestration.

Emilie était une jeune femme dynamique jusqu’au jour sa vie a basculé. D’une vie professionnelle et personnelle épanouie somme toute classique, infirmière, propriétaire de son appartement sur la côte Atlantique, elle descend au niveau zéro de l’ascenseur social, employée dans un chenil isolé, suite au terrible accident dont elle est victime.

Après avoir amorcé sa descente aux enfers, elle s’englue dans une spirale infernale d’une vie insipide qui va être animée par la vengeance. Aussi, elle se met à rechercher le responsable de tous ses maux. Il s’agit d’un homme tout aussi normal qu’elle avant l’accident, que l’on peut même qualifier de banal. Emilie en jouant de sa féminité va réussir à l’attraper dans ses filets pour assouvir son besoin de justice. Mais la paix intérieure se trouve-t-elle dans la vengeance?

Un livre où l’héroïne n’est pas le gentil personnage mais le méchant. Emilie n’est cependant pas une folle finie, juste une femme qui souffre et qui essaie d’extérioriser sa douleur pour se soigner. Elle pourrait être n’importe qui. En cela elle est touchante.

Le retournement de situation de la victime et du « bourreau » est lui aussi intéressant. Des vies normales, bousculées par la fatalité, qui révèlent une transformation des individus. Malheureusement, je n’ai ressenti aucune empathie pour les deux personnages. Si j’ai compris leur sensibilité, ils ne m’ont pas permis de m’identifier à eux pleinement.

Une lecture agréable, mais qui sera vite oubliée.

Et tu n’es pas revenu, Marceline LORIDAN-IVENS

Et tu n’es pas revenu, Marceline LORIDAN-IVENS, Judith PERRIGNON février 2015, Grasset, 107 pages, littérature française contemporaine, témoignage autobiographique.

Notes liminaires: A l’occasion de la sortie en poche de ce livre, le 24 août 2016, je me suis dis que c’était l’occasion de mettre à jour cet article en sommeil depuis bien trop longtemps. Il est délicat de commenter un témoignage d’une telle puissance. Plus d’un an après sa lecture, ce livre me hante et je vois encore les yeux pétillants de ce bout de femme interviewée par François Busnel… La vie est précieuse, ne l’oublions pas.

et tu n'es pas revenu

 Quatrième de couverture: « J’ai vécu puisque tu voulais que je vive. Mais vécu comme je l’ai appris là-bas, en prenant les jours les uns après les autres. Il y en eut de beaux tout de même. T’écrire m’a fait du bien. En te parlant, je ne me console pas. Je détends juste ce qui m’enserre le cœur. Je voudrais fuir l’histoire du monde, du siècle, revenir à la mienne, celle de Shloïme et sa chère petite fille. »

Mon avis: Et tu n’es pas revenu est une lettre d’amour, de manque, d’absence, qu’adresse Marceline déportée en même temps que son père, à ce dernier, qui est mort dans les camps de concentration.

Elle aura attendu plus de soixante-dix ans avant de coucher sur le papier ses nœuds qui l’ont empêchée de vivre pleinement et qui l’enserrent encore.

Il y a eu la vie avant, pendant et après. « Avant » c’était une famille unie, aimante. « Pendant » a été l’arrestation de Marceline et de son père jusqu’à l’arrivée à Auschwitz – Birkenau, un « Pitchipoï » de l’enfer. Shloïme qui se traduit par Salomon a été envoyé à Auschwitz tandis que Marceline est partie à Birkenau. Ils étaient à côté, et si loin; elle n’a jamais eu conscience de cette proximité au moment de leur enfermement. « Après » a été la reconstruction de cette jeune femme. Le retour à la société en plein déni. La famille qui n’est plus. Et la peur de grossir. Et le traumatisme dans la profondeur de son âme. Marceline choisira de ne pas être mère.

Les pages se tournent délicatement. Les larmes ont roulé sur mes joues tandis que je lisais ce livre dans le métro. Je me rappelle le regard des gens interloqués. Moi j’étais loin à ce moment là… Pourtant, ce livre n’est pas larmoyant, loin de là. Il y a beaucoup d’émotion qui s’en dégage, ce que nous savons de cette période par ailleurs fait le reste.

Merci chère Marceline de nous conter votre vie, de laisser une trace de ce que vous avez traversé, la mémoire des hommes est si courte… 

Impossible de passer à côté, il faut le lire, par respect et/ou devoir. Un livre qui m’a retourné le ventre.