Jeu concours Rentrée Littéraire 2016 avec la FNAC!

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Malgré la chaleur étouffante, l’été, pour beaucoup d’entre nous, tire sa révérence au profit de la rentrée…rentrée en salle d’accouchement dans pas longtemps pour moi, littéraire pour celles et ceux qui aiment ce moment de l’année! Comme je vous l’avais annoncé, j’ai participé au cru 2016 du prix du roman FNAC en qualité de jury (article par ici).

Cette année, pour la première fois, la FNAC organise un forum au Carreau du Temple à Paris, une sorte de salon du livre spécial RL, du 2 au 4 septembre prochain. Le programme est alléchant : rencontres, dédicaces, ballades littéraires en bus, et annonce du grand finaliste du Roman FNAC 2016.

L’intégralité du programme est accessible sur forumfnaclivres.com.

Comme tout salon qui se respecte, un invité d’honneur est présent, il s’agit de Jonathan Franzen:

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Et pour fêter l’occasion, la FNAC s’associe au blog pour faire gagner à deux d’entre vous son dernier livre « Purity » :

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Pour participer au tirage au sort, rien de plus simple: un gentil commentaire sous cet article en me disant si oui ou non vous irez faire un tour à ce premier rendez-vous parisien (le mode baleine étant activé chez moi, cela se décidera à la dernière minute).

Tirage au sort et résultat le 4 septembre 2016, à la clôture de cet événement! Bonne chance à tous!

PS: en septembre, c’est le retour du mois américain au cas où votre PAL serait en manque de littérature américaine😉

En douce, Marin LEDUN

CVT_En-douce_9268En douce, Marin LEDUN, 24 août 2016, Ombres Noires, une collection Flammarion littérature noire et policier, 251 pages, littérature française contemporaine.

Lu en juin 2016 dans le cadre de la sélection FNAC RL 2016, épreuves non corrigées.

En trois mots:  accident, bascule, séquestration.

Emilie était une jeune femme dynamique jusqu’au jour sa vie a basculé. D’une vie professionnelle et personnelle épanouie somme toute classique, infirmière, propriétaire de son appartement sur la côte Atlantique, elle descend au niveau zéro de l’ascenseur social, employée dans un chenil isolé, suite au terrible accident dont elle est victime.

Après avoir amorcé sa descente aux enfers, elle s’englue dans une spirale infernale d’une vie insipide qui va être animée par la vengeance. Aussi, elle se met à rechercher le responsable de tous ses maux. Il s’agit d’un homme tout aussi normal qu’elle avant l’accident, que l’on peut même qualifier de banal. Emilie en jouant de sa féminité va réussir à l’attraper dans ses filets pour assouvir son besoin de justice. Mais la paix intérieure se trouve-t-elle dans la vengeance?

Un livre où l’héroïne n’est pas le gentil personnage mais le méchant. Emilie n’est cependant pas une folle finie, juste une femme qui souffre et qui essaie d’extérioriser sa douleur pour se soigner. Elle pourrait être n’importe qui. En cela elle est touchante.

Le retournement de situation de la victime et du « bourreau » est lui aussi intéressant. Des vies normales, bousculées par la fatalité, qui révèlent une transformation des individus. Malheureusement, je n’ai ressenti aucune empathie pour les deux personnages. Si j’ai compris leur sensibilité, ils ne m’ont pas permis de m’identifier à eux pleinement.

Une lecture agréable, mais qui sera vite oubliée.

Et tu n’es pas revenu, Marceline LORIDAN-IVENS

Et tu n’es pas revenu, Marceline LORIDAN-IVENS, Judith PERRIGNON février 2015, Grasset, 107 pages, littérature française contemporaine, témoignage autobiographique.

Notes liminaires: A l’occasion de la sortie en poche de ce livre, le 24 août 2016, je me suis dis que c’était l’occasion de mettre à jour cet article en sommeil depuis bien trop longtemps. Il est délicat de commenter un témoignage d’une telle puissance. Plus d’un an après sa lecture, ce livre me hante et je vois encore les yeux pétillants de ce bout de femme interviewée par François Busnel… La vie est précieuse, ne l’oublions pas.

et tu n'es pas revenu

 Quatrième de couverture: « J’ai vécu puisque tu voulais que je vive. Mais vécu comme je l’ai appris là-bas, en prenant les jours les uns après les autres. Il y en eut de beaux tout de même. T’écrire m’a fait du bien. En te parlant, je ne me console pas. Je détends juste ce qui m’enserre le cœur. Je voudrais fuir l’histoire du monde, du siècle, revenir à la mienne, celle de Shloïme et sa chère petite fille. »

Mon avis: Et tu n’es pas revenu est une lettre d’amour, de manque, d’absence, qu’adresse Marceline déportée en même temps que son père, à ce dernier, qui est mort dans les camps de concentration.

Elle aura attendu plus de soixante-dix ans avant de coucher sur le papier ses nœuds qui l’ont empêchée de vivre pleinement et qui l’enserrent encore.

Il y a eu la vie avant, pendant et après. « Avant » c’était une famille unie, aimante. « Pendant » a été l’arrestation de Marceline et de son père jusqu’à l’arrivée à Auschwitz – Birkenau, un « Pitchipoï » de l’enfer. Shloïme qui se traduit par Salomon a été envoyé à Auschwitz tandis que Marceline est partie à Birkenau. Ils étaient à côté, et si loin; elle n’a jamais eu conscience de cette proximité au moment de leur enfermement. « Après » a été la reconstruction de cette jeune femme. Le retour à la société en plein déni. La famille qui n’est plus. Et la peur de grossir. Et le traumatisme dans la profondeur de son âme. Marceline choisira de ne pas être mère.

Les pages se tournent délicatement. Les larmes ont roulé sur mes joues tandis que je lisais ce livre dans le métro. Je me rappelle le regard des gens interloqués. Moi j’étais loin à ce moment là… Pourtant, ce livre n’est pas larmoyant, loin de là. Il y a beaucoup d’émotion qui s’en dégage, ce que nous savons de cette période par ailleurs fait le reste.

Merci chère Marceline de nous conter votre vie, de laisser une trace de ce que vous avez traversé, la mémoire des hommes est si courte… 

Impossible de passer à côté, il faut le lire, par respect et/ou devoir. Un livre qui m’a retourné le ventre. 

L’esprit de l’athéisme, André Comte-Sponville

L’esprit de l’athéisme, Introduction à une spiritualité sans Dieu, André Comte-Sponville, juin 2010, Le livre de poche, 224 pages, littérature française, essai, philosophie.

En trois mots: Réflexion, athéisme, liberté.

esprit de latheismeQuatrième de couverture: Peut-on se passer de religion ? Dieu existe-t-il ? Les athées sont-ils condamnés à vivre sans spiritualité ?
Autant de questions décisives en plein « choc des civilisations » et « retour du religieux ». André Comte-Sponville y répond avec la clarté et l’allégresse d’un grand philosophe mais aussi d’un « honnête homme », loin des ressentiments et des haines cristallisés par certains. Pour lui, la spiritualité est trop fondamentale pour qu’on l’abandonne aux intégristes de tous bords. De même que la laïcité est trop précieuse pour être confisquée par les antireligieux les plus frénétiques. Aussi est-il urgent de retrouver une spiritualité sans Dieu, sans dogmes, sans Église, qui nous prémunisse autant du fanatisme que du nihilisme.
André Comte-Sponville pense que le xxie siècle sera spirituel et laïque ou ne sera pas. Il nous explique comment. Passionnant.

Mon avis: Paru en 2006, il y a 10 ans donc, ce texte, abordable pour tous nuls en philosophie, est criant d’actualité. J’ai ressenti le besoin de me recadrer dans les valeurs de notre beau pays, qui sont profondément miennes, où beaucoup de choses vont à vau-l’eau. Attentats. Intolérance. Montée du FN. Incivilité. Extrémisme en tout genre. Le point commun que j’ai avec l’auteur: avoir été chrétienne dans mon enfance avant de tourner le dos à la religion. Aujourd’hui je suis fière d’être française, libre, athée et d’évoluer dans un pays laïque. Et j’ai des valeurs fondamentales qui m’habitent.

Autour de trois grandes questions – 1. « Peut-on se passer de religion? »; 2. Dieu existe-t-il? »; 3. « Les athées sont-ils condamnés à vivre sans spiritualité? » – l’auteur recentre le débat sur ces thèmes avec rationalité et démonstration. Ils citent également de grands philosophes tels Pascal ou Freud, pour appuyer le déroulé de son raisonnement. Car il y a des points fondamentaux qui surpassent ce qui ne peut être prouvé; ce sont la paix, la fidélité, la vie, l’amour, le présent, la démocratie, la laïcité et la liberté de l’esprit.

Nous sommes déjà dans le Royaume: l’éternité c’est maintenant.

A aucun moment, l’auteur tente de convaincre le lecteur, il expose son point de vue. A chacun d’y prendre ce qu’il veut. Moi je suis conquise par son raisonnement; il a posé des mots sur des ressentis.

Un très bel essai accessible à tous, pour notre liberté.

Marathon d’été, cru 2016

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Le foot est fini, la baby shower approche et l’arrivée de Babychou aussi…

Mais du côté du blog quelques brouillons reste à l’état pathétique de brouillon, tandis que ma bibliothèque déborde de bouquins que vont rejoindre dans moins d’un mois la sélection ELLE 2017 où ma PAL passera au second plan.

Bref, je ne pouvais pas ne pas participer au RAT A WEEK SUMMER EDITION de Marjorie, Chroniques Littéraires.

Je vous invite à lui rendre une visite, car il y a de multiples combinaisons possibles, et pose ici mes objectifs marathoniens:

Durée : du lundi 11 juillet au dimanche 4 septembre 2016, soit 8 semaines.

  • but/défi principal : lire un minimum de 500 pages par semaine.
  • défis annexes: Lire au moins 5 livres | Lire au moins une BD| Lire une histoire qui vous fait penser à l’été|
  • Catégorie Verre en terrasse : je lis mes 500 pages par semaine, et les livres dans l’ordre où ils me viennent!
  • J’associe ce marathon à mon challenge de cette année « Plan ORSEC » que j’ai évoqué ici.

** Suivi marathonien**

  • semaine 2: /500 pages

huitieme reineLa huitième reine, Actes Sud, février 2016: 356 pages. 

Je souhaite le commencer aujourd’hui, lundi 11 juillet!

 

 

 

 

 

  • semaine 3 et 4: 224/500 pages

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Mon article par ici

 

 

 

  • semaine 5: 236/500 pages

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Vous avez été sélectionnée…

Vous avez été sélectionnée pour être membre du jury…en mode double effet kiss-cool!

*Jurée rentrée littéraire du roman FNAC, 15e édition*

C’est la première fois que j’ai posé ma candidature pour ce prix, et hop! admise parmi les 400 adhérents FNAC retenus, une aubaine!

J’ai donc reçu 5 livres de la RL 2016 en avant-première: juste waouh! dont deux se présentent en tant qu’ « épreuves non corrigées ».

Je ne peux pas vous en parler pour le moment, il faudra attendre leurs sorties fin août. Il y a un beau panel: de la vengeance, de l’amour épistolaire, du féminisme, des comédies sociales et des implosions sociétales.

A lire et à chroniquer pour le 4 juillet au plus tard. Autant vous dire que je suis en ce moment même à fond.

*Jurée Grand Prix des Lectrices de Elle 2017, GPLE (pour les intimes)*

J’avais postulé l’année dernière, mais aucune suite n’avait été donnée. J’ai réitéré l’opération cette année, sans grand espoir. Et puis…candidature retenue. Je suis dans le groupe Jury d’avril, au cas où vous aussi apparteniez à ce gang de lectrice!

Je vais donc recevoir 3 livres entre juillet 2016 et mars 2017 puis 7 livres en avril 2017. Le prix 2017 sera décerné en mai-juin 2017. Quelle aventure!

Je me demande encore quels sont leurs critères de sélection et serais bien curieuse d’être mise dans la confidence…

Pour ELLE, j’ai répondu à un questionnaire que je vous pose ici:

Quelles études avez-vous faites ? J’ai fait des études comptables
Exercez-vous une activité professionnelle ? Si oui, laquelle ? Je suis actuellement en recherche d’emploi
Combien de livres lisez-vous en moyenne dans l’année ? Je lis une cinquantaine de livres par an.
Avez-vous déjà été jurée du Prix des Lectrices de ELLE ? Non.
Quels auteurs aimez-vous ? J’aime les auteurs francophones contemporains (Valentine GOBY, Carole MARTINEZ, Paul COLIZE, Patrick MODIANO…) et les auteurs anglo-saxons décédés (Charles DICKENS, Anthony TROLLOPE, Elisabeth GASKELL…)

Quel genre de livres lisez-vous ? Nommez au moins trois exemples pour chaque catégorie.

Fictions/Romans contemporains : 1) La petite barbare d’Astrid MANFREDI, 2) La terre qui penche de Carole MARTINEZ, 3) Amours de Léonor de Recondo

Biographies : 1) Léonard de Vinci de Serge BRAMLY, 2) Catherine de Médicis de Jean-François SOLNON

Policiers/thrillers : 1) La femme sans tête de Viviane MOORE ; 2) Concerto pour quatre mains de Paul COLIZE ; 3) Derrière la Haine de Barbara ABEL

Essais consacrés à des sujets de société : 1) Antispéciste d’Aymeric CARON, 2) Pour une enfance heureuse du Dr Catherine GUEGUEN

Documents autobiographiques : 1) Une vie de Simone VEIL, 2) Moi, Malala de Malala YOUSAFZAI

Il fallait également transmettre la critique d’un livre de notre choix publié dans l’année; j’ai proposé mon avis sur La petite barbare d’Astrid Manfredi, ici.

Voilà, je pense que le programme de blogounet est déjà tout prêt pour la première fois de son existence. De toute façon 2016/2017 sera l’année des premières fois: premières sélections dans des prix littéraires, première fois maman… Comblée je suis!

A toi aussi, je te souhaite de belles choses, de belles aventures réelles et livresques…et si tu as posé ta candidature et que malheureusement tu n’as pas eu de retour, ne t’inquiète pas, continue de postuler et surtout n’attends pas de retour; ce n’est qu’à ce moment-là, quand tu auras oublié jusqu’à avoir envoyé les questionnaires, que les organisateurs viendront toquer chez toi.

Je partagerai toutes les miettes de ces expériences sur le blog avec vous, j’ai hâte!

 

Comment Baptiste est mort

Comment Baptiste est mort, Alain Blottière, 1er avril 2016, Gallimard, collection blanche, 208 pages, littérature française contemporaine.

En trois mots:  Djihad, Allah, Désert.

comment baptiste est mortQuatrième de couverture: Enlevé dans le désert par un groupe de djihadistes avec ses parents et ses frères, Baptiste, après plusieurs semaines de captivité, est le seul à être libéré. Ponctué d’hésitations, de silences, son débriefing laisse apparaître des zones d’ombre, des secrets qu’il tient à garder. Le garçon semble aussi avoir perdu la mémoire d’événements importants. Peu à peu, néanmoins, se révèle l’histoire extraordinaire et cruelle de celui à qui ses ravisseurs ont donné le nom d’un renard du désert : Yumaï.

Mon avis: Le récit se détricote au fur et à mesure que les pages se tournent. Il alterne entre les échanges oraux de Baptiste et d’un psychiatre ou d’un agent de l’anti-terrorisme et un texte narratif, linéaire, qui relate les faits. Progressivement, le jeune adolescent, qui a eu 14 ans lors de sa captivité et qui est devenu un « homme », recouvre la mémoire.

Il y a eu l’enlèvement tout d’abord. Ses deux petits frères, sa mère, son père et lui-même ont donc été kidnappés. La peur, l’humiliation et peut-être même la honte, se sont télescopées. L’image dégradée de son père est à mon sens la source originelle de la suite des événements. Lorsqu’on est enfant, la vision du père s’apparente à « mon père ce héros »; adolescent on surfe sur « mon père ce connard »; mais dans notre cas c’est « mon père ce loser ». Et la souffrance infinie de cela est terrible.

La vie d’otage a du ensuite s’organiser -la faim, la soif, la peur, le froid de la nuit qui s’oppose à la chaleur sèche de la journée- rythmée par les AK-47, les prières et les odeurs des tentes.

Plus tard, Baptiste est devenu Yumaï. Le groupe de djihadistes l’a lobotomisé. Il y a eu les pilules du courage mais aussi la solitude, voire l’abandon, dans la grotte dite des « hommes d’avant ». Hypnotisé par la beauté des paysages et de la voie lactée, Baptiste devient à ses dépens un « homme » au sens des terroristes, pour la plus grande satisfaction d’Amir, le gourou du groupe.

Enfin, Baptiste a été relâché. Les autorités françaises l’ont pris en charge. Mais que s’est-il passé? Il faut reconstituer les bribes de souvenirs enfouies dans l’inconscient pour obtenir le puzzle final, sauf que la folie de l’homme est sans aucune limite.

Un roman coup de poing, alourdit par les silences, où il n’y a ni héros ni réponses. Seule l’adolescence, fragile articulation dans nos histoires personnelles, est décortiquée dans sa perte absolue de repères.

Je remercie Gallimard et la fameuse masse critique de Babelio qui m’ont permis de lire cet ouvrage que je vous recommande.

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Avril enchanté, Elizabeth VON ARMIN

Avril enchanté, Elizabeth Von Armin, décembre 2012, 10/18, 367 pages, littérature anglaise.

En trois mots: Italie, château, soleil.

avril enchantéQuatrième de couverture: Comment résister à une telle offre : « Particulier loue petit château médiéval meublé bord de la Méditerranée ». Un jour de pluie et d’autobus bondés, il n’en faut pas plus aux jeunes Londoniennes, Mrs Wilkins et Mrs. Arbuthnot , pour se lancer seules dans l’aventure et partir, sans presque prévenir leurs époux, un mois en Italie. Au menu : soleil, repos et réflexions.

Avril enchanté est un roman majeur, surprenant par sa liberté de ton, sa légèreté et sa finesse d’esprit.

Mon avis: J’ai lu ce roman au mois d’avril – parce que lire « Avril enchanté » en avril, c’est chic – et je l’ai dégusté comme on se délecte d’un bon thé brûlant accompagné d’un scone, avant de vous proposer mon avis, en mode vieille dame indignée pour notre mois anglais.

Deux londoniennes qui ne se connaissent pas, mais qui fréquentent le même club d’Hampstead décident sur un coup de tête, à la lecture d’une petite annonce dans le journal, de louer « San Salvatore » un magnifique château médiéval perdu au cœur de l’Italie pour le mois d’avril. Il faut bien comprendre qu’une telle décision est vécue comme l’aventure de leur vie: l’envie dépassant la raison, ce caprice, voire cette excentricité, ne peut être dévoilé à leurs maris respectifs. C’est dans un secret quasi absolu, pétri de culpabilité, que les jeunes femmes vident leur bas de laine pour leur voyage. La pieuse Mrs Arbuthnot et la timide Mrs Wilkins, afin d’économiser les dépenses d’intendance au château, amènent avec elles suite à un casting improvisé, la riche veuve Mrs Fisher, vieille dame attachée aux conventions, ainsi que la magnifique lady Caroline. Même si le mot d’ordre est « repos » chacune souhaite profiter seule mais à sa manière de la beauté du paysage et du confort du château afin de faire une pause, le temps d’un petit mois, loin de Londres et de ses mondanités.

Pourtant vouloir tout quitter et faire le vide n’empêche en rien le poids du passé de revenir hanter nos drôles de dames qui vont devoir apprendre à cohabiter les unes avec les autres. Sans compter sur un défilé de visiteurs au château, la chaleur de « San Salvatore » va révéler le meilleur de chacune d’elle.

En lisant « Avril enchanté » on retrouve le charme de l’écriture anglaise, qui égratigne toujours la société d’une merveilleuse manière. Les sens sont mis en éveil, les rayons du soleil nous chauffent la peau, les arbres et les fleurs sentent divinement bon, la mer en contrebas du château nous berce. Perchées dans leur huis-clos, les dames font tomber les masques, les natures profondes sont décortiquées avant de déborder auprès de tous.

Un condensé de chaleur et de bonne humeur, vous dis-je! A déguster!

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La femme sans tête, Viviane Moore

La femme sans tête, Viviane Moore, février 2014, 10/18, 312 pages, littérature française. Polar historique. Collection « Grands détectives ». Tome 1 de la série Alchémia.

En trois mots: Saint-Barthélemy, sciences, orgies.

la femme sans teteRésumé de l’éditeur: Paris, 1581. La misère envahit les rues. Orgies et fêtes enfièvrent les salons. Jean de Moncel, jeune commissaire au Châtelet, est sur les traces d’un tueur de prostituées. Le corps décapité de l’une d’elles le mène jusqu’à Théophraste Le Noir, médecin qui, replié dans son laboratoire avec sa fille Sybille, cherche sans relâche le secret alchimique de l’Elixir de Vie. Sorcellerie ? Rites occultes ? Machination ?… L’alchimiste est-il le monstre que poursuit Jean, ou bien l’humaniste en avance sur son temps que défend passionnément sa fille ?

Mon avis:  J’ai été happée par ce roman que j’ai dévoré en moins de 24 heures (ce qui pour moi est un record!). Les pages se tournent toutes seules, l’intrigue s’étoffe au fil des phrases et l’envie de savoir ce qui va se passer prend le dessus sur tout le reste. Je crois que la description du massacre de la Saint-Barthélemy et ses conséquences sur Théophraste, le médecin des nécessiteux, et sa fille Sybille ont su dès le départ me captiver.

Père et fille sont indubitablement empathiques. Sybille est l’héroïne qu’on admire pour son courage, sa soif d’indépendance et son intelligence, mais aussi pour ses décisions irraisonnées qui font d’elle une jeune fille qui reste accessible. Sa rencontre avec le compétent commissaire du Châtelet, Jean, nous laisse entrevoir le jeu de séduction qui va s’installer entre eux deux, malgré les suspicions de l’enquête qui ramène le jeune limier à la maison de Théophraste.

Parce que oui, le thème du livre est une série de meurtres qui frappe des prostituées de ce Paris du XVIe siècle, où le clivage entre misérables et nobles portera le pays, deux siècles plus tard, à se révolter en faisant tomber les têtes. L’origine des divers assassinats trouve sa source dans le mystère d’orgies se déroulant dans les boudoirs de soirées nocturnes de la haute société parisienne. L’atrocité des faits sans description précise m’a intriguée. J’ai apprécié que l’auteur n’aille pas dans le côté voyeurisme des tortures, notre imagination travaille très bien de son côté, ce qui maintient l’enquête dans le flou et contribue au besoin de se rapprocher du dénouement. Et puis, la science et l’alchimie, la justice des hommes et celle de la loi, et les sentiments humains d’amour et de jalousie haineuse s’opposent dans cette enquête si singulière…

Bref, une enquête dans un Paris d’antan avec des rites ésotériques qui se heurtent à la précision de la science et qui nous emmène jusque dans les cellules de la prison du Châtelet, n’a pu que me plaire. À lire !

 

 

Le léopard des Batignolles, Claude IZNER

Le léopard des Batignolles, Claude IZNER, septembre 2005, 10/18, 348 pages, littérature française. Collection « Grands détectives ». Tome 5 des enquêtes de Victor Legris.

Episodes précédents:

  • Mystères rue des Saints-Pères – tome 1- ici
  • La disparue du Père-Lachaise – tome 2 –
  • Le carrefour des écrasés – tome 3- ici
  • Le secret des Enfants-Rouges – tome 4 – de ce côté

En trois mots: devinettes, corruption, Commune de Paris.

léopard des batignolles Mon résumé: C’est un Paris traumatisé par la Commune que nous retrouvons dans ce nouvel opus. Des meurtres ont lieu aux quatre coins de la capitale française sans qu’aucun lien logique ne puisse être établi. Et pourtant à chaque fois des messages sibyllins, évoquant la présence d’un léopard sur les lieux des crimes, vont être retrouvés. L’affaire n’aurait guère attirée nos protagonistes si leur ami et partenaire, Pierre Andrésy, n’avait péri dans l’incendie de son imprimerie. Les voilà donc lancés à la recherche du léopard des Batignolles.

Mon avis: Ce tome 5 est à mon goût le meilleur que j’ai lu du point de vue de l’enquête. Si mon côté Sherlock Woman avait dénoué une partie de l’énigme, il était clairement passé à côté du dénouement final d’une logique implacable lorsqu’on referme le livre. Comme toujours, dans les aventures de Victor Legris, on déambule dans les rues parisiennes tant dans les quartiers ouvriers, notamment au marché aux fleurs, que dans les quartiers bourgeois en passant par un théâtre et ses comédiens; les meurtres s’enchaînent et le rythme de la librairie s’en voit payer les conséquences en raison des absences de Victor et Jojo. La vie privée de Kenji est dévoilée un peu plus tandis que la mère de Tasha, la compagne de Victor, débarque à la capitale…

Bref, dans ce tome il y a des entourloupes, des énigmes, de l’humour, de l’amour, et de la vie en cette fin du XIXème siècle qui assure au lecteur de passer un très bon moment.

Lecture commune avec Bianca.

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