RAT a Week Winter S2

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Cela fait bien longtemps que je n’ai rien publié par ici. La faute aux journées qui ne font que 24 heures ;-). Peut-être que tu ne le sais pas mais je suis une maman comblée depuis 5 mois, un boulot à temps plein, auquel se greffe de nouveaux projets qui expliquent le silence qui tend à s’installer sur ce blog…

Néanmoins, comme j’aime d’amour blogounet, je me lance à corps perdu dans le nouveau marathon de notre GO Marjorie. Copiée mais inégalée (un message subliminal se cache…sauras-tu le deviner? #potindelablogo) je lui reste fidèle même si je ne mets jamais à jour mes marathons et que je suis à la traîne comparée au reste des marathoniens, marathoniennes.

En bref:

  • durée du RAT: du vendredi 3 février à 19h00 au dimanche 5 mars 2017 à minuit -> je tente les 5 semaines.
  • 3 catégories au choix, totalement adaptables -> j’opte pour la catégorie 1 : Toute la bibliothèque sous le plaid.
  • De nombreux défis -> défi nombre de page: je choisis le défi 3 « je ne pourrai lire que moins de 500 pages par semaine, mais je suis dans l’obligation de choisir 3 défis dont celui-ci. » -> défis complémentaires: »Défi 5 : j’opte pour trois couleurs différentes (exemple: les livres que je lirai auront l’un du rose, l’autre du vert, l’autre du bleu…) »: jaune, blanc, noir.« Défi 6 : je me fixe un nombre de livres à lire pendant la semaine »: minimum de 1.

    « Défi 7 : je lis un livre d’un auteur que je n’ai jamais lu »

Pas de PAL pour ce marathon.

MAJ semaine 1:

pour une enfance heureuse

54 pages lues.

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Week-end à 1000 #16 // du 11 au 13 Novembre 2016

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Coup d’envoi du week-end à 1000kg, 1000 litres de tisane, 1000 pages à 19h00!

Nous savons que je n’arrive jamais à boucler mes challenges, mais peu importe 😉 Je suis décidée à dégager de ma PAL la sélection que je dois lire pour le GPDL ELLE.

Je profite que tout le monde dorme chez moi pour enfin m’inscrire, préparer, et publier ce billet. Ça va être sport 🙂

  • Lecture en cours: « Tout n’est pas perdu » – Wendy WALKER: reste à lire 217 pages.
  • « Madeleine Project » de Clara BEAUDOUX: 287 pages
  • « Voici venir les rêveurs » d’Imbolo MBUE: 420 pages
  • « Station Eleven » d’Emily St John MANDEL: 478 pages.
  • TOTAL = 1312 pages.
  • OBJECTIF REALISTE: finir « Tout n’est pas perdu » et lire « Madeleine Project ».

 

POLICE, Hugo Boris

Police, Hugo BORIS, aout 2016, Grasset, 189 pages, littérature française, roman. #MRL16 #PriceMinister

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Dans ce très bon roman, il sera question de:

PAF* OFPRA* Loi* Incendie

Centre de Rétention * Equipe

Ce roman de la rentrée littéraire 2016 dépasse le simple cadre littéraire et s’inscrit au cœur de l’actualité peu réjouissante de la police française, usée par les attentats et leurs conditions de travail. Peut-être est-ce un hommage à cette profession, un avis sur les conditions d’accueil et d’expulsion des réfugiés, je ne sais pas ; en tout cas, j’ai aimé découvrir les descriptions techniques qui m’ont immergée dans ce monde de flic inconnu pour moi, mais qui a mon profond respect.

Le temps d’une mission atypique, il est intéressant -voire indispensable- de monter avec trois gardiens de la paix en voiture pour partager un peu de leur boulot et beaucoup de leur vie. Car oui, derrière l’uniforme se présentent une femme, Virginie et deux hommes, Erik et Aristide.

Ils sont mandatés pour une reconduite à la frontière. C’est la fin de journée et l’incendie qui ravage un centre de rétention mobilise l’ensemble des forces de l’ordre et bouscule les habitudes et rôles de chacun. C’est pourquoi cette mission entrant dans les attributions de la COTEP leur est confiée à titre exceptionnel. Direction CDG, Charles-de-Gaulle, aéroport, pour y déposer un Tadjik, pauvre homme dont la demande d’asile est en-cours de traitement, mais dont la reconduite à la frontière, elle, a été actée.

La fatigue donc, et les soucis quotidiens de ces héros des temps modernes se heurtent à la carrosserie brûlante de la voiture qui les emmène du douzième arrondissement à Charles-de-Gaulle aéroport. Les portraits de ces protagonistes sont de beaux portraits d’homme et de femme, ni blancs, ni noirs. Leur psychologie est finement travaillée.  La famille, l’adultère, le système, les ordres à respecter tout comme la hiérarchie, l’empathie, la souffrance physique et morale, la fatigue, l’usure de la vie, la solitude, le rôle que l’on joue, sont autant de sentiments et d’attitudes qui électrisent le trajet et poussent nos protagonistes à agir et assumer leurs actes d’une manière peu orthodoxe.

Un très bon roman, bien documenté, à l’écriture ciselée, qui redonne une juste place à ceux qui sont devenus invisibles. 

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Lu dans le cadre des matchs de la RL2016

*

Sélectionné par Antigone du blog Les lectures d’Antigone

 

Abraham et fils, Martin WINCKLER

Abraham et fils, Martin WINCKLER, février 2016, P.O.L, 576 pages, littérature française, roman.

En trois mots:  famille monoparentale, aventure, vie.

 

livre-abraham-et-filsQuatrième de couverture: Un jour du printemps 1963, une Dauphine jaune se gare devant le monument aux morts, sur la grand-place de Tilliers, petite ville de la Beauce. Elle transporte Abraham Farkas, médecin rapatrié d’Algérie,  proche de la cinquantaine et son fils Franz, âgé de neuf ans et demi. Abraham n’a qu’une seule préoccupation : son fils. Franz, lui, en a deux : son père et les livres. Leur vie a été brisée un an plus tôt par un « accident » qui a laissé Franz amnésique et dont Abraham ne lui parle jamais. Ils s’installent rue des Crocus, dans la grande maison où Abraham va se remettre à travailler. Ils vont devoir apprendre a vivre avec le reste du monde…

Mon avis:

Ce roman est une invitation au lâcher prise. Pour en saisir les multiples saveurs il faut non seulement prendre son temps et choisir son moment ; sans cela, vous passeriez à côté de ce petit bijou ! C’est une histoire simple, celle d’une vie : l’histoire d’un père, Abraham, et de son fils, Franz. Tous deux ont fui la guerre d’Algérie et posent leurs valises à Tilliers, dans la Beauce, en 1963, afin de repartir de zéro, d’aller au-delà de l’accident-dont-il-ne-faut-pas-parler.

Abraham rachète le cabinet médical du village et inscrit Franz, 10 ans, à l’école. Un trio de voix, au gré des chapitres, raconte tour à tour leur quotidien. Il y a le « je » de Franz, garçon attachant, féru de littérature et myope, puis le « il » pour Abraham, médecin généraliste dévoué à ses patients, et le « narrateur » quelque peu omniscient.

La relation filiale est décortiquée avec soin et la finesse d’approche des deux protagonistes saisit à la fois les tourments qu’un père peut avoir pour son fils et inversement. L’amnésie de Franz, suite au fameux accident qui les a déracinés, sert Abraham qui ne sait comment aborder le passé avec son fils. Pragmatique, la tête sur les épaules, ce sosie de John Wayne regarde devant lui grâce à l’amour qu’il porte à la prunelle de ses yeux et au partage d’un nouveau pan de sa vie avec Claire Délisse, malgré le poids d’une culpabilité qui se dévoile progressivement. Franz est un petit garçon timide, intelligent, observateur et bienveillant. Malmené à l’école par la brute de sa classe, il partage une réelle amitié avec deux copains de classe, et Luciane, sa demi-sœur adoptive, fille de Claire Délisse. Influencé par ses lectures, la curiosité débordante et l’imagination mordante, Franz va s’aventurer dans les recoins de la maison rue du (ou des) Crocus et découvrir un cahier mystérieux…en lien avec certaines consultations atypiques de son père qu’il ne peut s’empêcher d’épier.

À ce stade, l’histoire de ce père, Abraham, et de son fils, Franz, va s’inscrire dans l’Histoire et nous toucher tant dans notre rôle d’adulte voire de parent, que dans l’enfant qui sommeille en nous.

Ce livre surpasse les tragédies d’une vie dans un condensé de douceur. Remarquable.

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Lu dans le cadre du GPLE 2017

*

Jury d’avril, sélection du jury de septembre

I love Dick, Chris Kraus

I love Dick, Chris Kraus, 24 août 2016, Flammarion, 270 pages, littérature anglophone.

Lu en juin 2016 dans le cadre de la sélection FNAC RL 2016.

En trois mots: sexe, obsession, lettres.

Notes liminaires: Une couverture verte attirante suivi d’un avis dithyrambique de The Guardians « C’est le livre le plus important sur les relations homme-femme qui ait été écrit au XXe siècle. Un livre sans détour sur ce que c’est d’être une femme » et de belles références littéraires telles que Les liaisons dangereuses ou Madame Bovary me laissaient sous-entendre que ce livre serait un régal. Il m’aura donc déçue en plus de m’avoir ennuyée.

i love dickMon résumé et avis: I love Dick s’inscrit dans le roman épistolaire dans une relation triangulaire qui n’en est pas une.

Il y a Madame, Chris, et Monsieur, Sylvère, qui forment un couple d’artiste usé par le temps. Seule une complicité intellectuelle indestructible semble les lier. Au cours d’un dîner avec un ami de Monsieur, qui se prénomme Dick, Chris va être séduite par ce dernier. Avec l’appui de son mari, elle part donc en chasse, via un jeu de lettre qu’ils mettent en place. L’attirance qu’elle éprouve pour Dick est réelle mais n’est guère palpitante et vire, selon moi, à l’obsession.

A vouloir assouvir son désir sexuel à tout prix, Chris tourne en rond et le lecteur avec.

Il n’y a là qu’une pâle référence aux ouvrages classiques cités ci-dessus.

Je n’ai pas été séduite, ni par le fond ni par la forme qui aère légèrement l’ennui diffus de ce roman. A moins que je sois passée totalement à côté de cette pépite.

Dommage.

Comment Baptiste est mort

Comment Baptiste est mort, Alain Blottière, 1er avril 2016, Gallimard, collection blanche, 208 pages, littérature française contemporaine.

En trois mots:  Djihad, Allah, Désert.

comment baptiste est mortQuatrième de couverture: Enlevé dans le désert par un groupe de djihadistes avec ses parents et ses frères, Baptiste, après plusieurs semaines de captivité, est le seul à être libéré. Ponctué d’hésitations, de silences, son débriefing laisse apparaître des zones d’ombre, des secrets qu’il tient à garder. Le garçon semble aussi avoir perdu la mémoire d’événements importants. Peu à peu, néanmoins, se révèle l’histoire extraordinaire et cruelle de celui à qui ses ravisseurs ont donné le nom d’un renard du désert : Yumaï.

Mon avis: Le récit se détricote au fur et à mesure que les pages se tournent. Il alterne entre les échanges oraux de Baptiste et d’un psychiatre ou d’un agent de l’anti-terrorisme et un texte narratif, linéaire, qui relate les faits. Progressivement, le jeune adolescent, qui a eu 14 ans lors de sa captivité et qui est devenu un « homme », recouvre la mémoire.

Il y a eu l’enlèvement tout d’abord. Ses deux petits frères, sa mère, son père et lui-même ont donc été kidnappés. La peur, l’humiliation et peut-être même la honte, se sont télescopées. L’image dégradée de son père est à mon sens la source originelle de la suite des événements. Lorsqu’on est enfant, la vision du père s’apparente à « mon père ce héros »; adolescent on surfe sur « mon père ce connard »; mais dans notre cas c’est « mon père ce loser ». Et la souffrance infinie de cela est terrible.

La vie d’otage a du ensuite s’organiser -la faim, la soif, la peur, le froid de la nuit qui s’oppose à la chaleur sèche de la journée- rythmée par les AK-47, les prières et les odeurs des tentes.

Plus tard, Baptiste est devenu Yumaï. Le groupe de djihadistes l’a lobotomisé. Il y a eu les pilules du courage mais aussi la solitude, voire l’abandon, dans la grotte dite des « hommes d’avant ». Hypnotisé par la beauté des paysages et de la voie lactée, Baptiste devient à ses dépens un « homme » au sens des terroristes, pour la plus grande satisfaction d’Amir, le gourou du groupe.

Enfin, Baptiste a été relâché. Les autorités françaises l’ont pris en charge. Mais que s’est-il passé? Il faut reconstituer les bribes de souvenirs enfouies dans l’inconscient pour obtenir le puzzle final, sauf que la folie de l’homme est sans aucune limite.

Un roman coup de poing, alourdit par les silences, où il n’y a ni héros ni réponses. Seule l’adolescence, fragile articulation dans nos histoires personnelles, est décortiquée dans sa perte absolue de repères.

Je remercie Gallimard et la fameuse masse critique de Babelio qui m’ont permis de lire cet ouvrage que je vous recommande.

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Avril enchanté, Elizabeth VON ARMIN

Avril enchanté, Elizabeth Von Armin, décembre 2012, 10/18, 367 pages, littérature anglaise.

En trois mots: Italie, château, soleil.

avril enchantéQuatrième de couverture: Comment résister à une telle offre : « Particulier loue petit château médiéval meublé bord de la Méditerranée ». Un jour de pluie et d’autobus bondés, il n’en faut pas plus aux jeunes Londoniennes, Mrs Wilkins et Mrs. Arbuthnot , pour se lancer seules dans l’aventure et partir, sans presque prévenir leurs époux, un mois en Italie. Au menu : soleil, repos et réflexions.

Avril enchanté est un roman majeur, surprenant par sa liberté de ton, sa légèreté et sa finesse d’esprit.

Mon avis: J’ai lu ce roman au mois d’avril – parce que lire « Avril enchanté » en avril, c’est chic – et je l’ai dégusté comme on se délecte d’un bon thé brûlant accompagné d’un scone, avant de vous proposer mon avis, en mode vieille dame indignée pour notre mois anglais.

Deux londoniennes qui ne se connaissent pas, mais qui fréquentent le même club d’Hampstead décident sur un coup de tête, à la lecture d’une petite annonce dans le journal, de louer « San Salvatore » un magnifique château médiéval perdu au cœur de l’Italie pour le mois d’avril. Il faut bien comprendre qu’une telle décision est vécue comme l’aventure de leur vie: l’envie dépassant la raison, ce caprice, voire cette excentricité, ne peut être dévoilé à leurs maris respectifs. C’est dans un secret quasi absolu, pétri de culpabilité, que les jeunes femmes vident leur bas de laine pour leur voyage. La pieuse Mrs Arbuthnot et la timide Mrs Wilkins, afin d’économiser les dépenses d’intendance au château, amènent avec elles suite à un casting improvisé, la riche veuve Mrs Fisher, vieille dame attachée aux conventions, ainsi que la magnifique lady Caroline. Même si le mot d’ordre est « repos » chacune souhaite profiter seule mais à sa manière de la beauté du paysage et du confort du château afin de faire une pause, le temps d’un petit mois, loin de Londres et de ses mondanités.

Pourtant vouloir tout quitter et faire le vide n’empêche en rien le poids du passé de revenir hanter nos drôles de dames qui vont devoir apprendre à cohabiter les unes avec les autres. Sans compter sur un défilé de visiteurs au château, la chaleur de « San Salvatore » va révéler le meilleur de chacune d’elle.

En lisant « Avril enchanté » on retrouve le charme de l’écriture anglaise, qui égratigne toujours la société d’une merveilleuse manière. Les sens sont mis en éveil, les rayons du soleil nous chauffent la peau, les arbres et les fleurs sentent divinement bon, la mer en contrebas du château nous berce. Perchées dans leur huis-clos, les dames font tomber les masques, les natures profondes sont décortiquées avant de déborder auprès de tous.

Un condensé de chaleur et de bonne humeur, vous dis-je! A déguster!

mois anglais 2016

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La femme sans tête, Viviane Moore

La femme sans tête, Viviane Moore, février 2014, 10/18, 312 pages, littérature française. Polar historique. Collection « Grands détectives ». Tome 1 de la série Alchémia.

En trois mots: Saint-Barthélemy, sciences, orgies.

la femme sans teteRésumé de l’éditeur: Paris, 1581. La misère envahit les rues. Orgies et fêtes enfièvrent les salons. Jean de Moncel, jeune commissaire au Châtelet, est sur les traces d’un tueur de prostituées. Le corps décapité de l’une d’elles le mène jusqu’à Théophraste Le Noir, médecin qui, replié dans son laboratoire avec sa fille Sybille, cherche sans relâche le secret alchimique de l’Elixir de Vie. Sorcellerie ? Rites occultes ? Machination ?… L’alchimiste est-il le monstre que poursuit Jean, ou bien l’humaniste en avance sur son temps que défend passionnément sa fille ?

Mon avis:  J’ai été happée par ce roman que j’ai dévoré en moins de 24 heures (ce qui pour moi est un record!). Les pages se tournent toutes seules, l’intrigue s’étoffe au fil des phrases et l’envie de savoir ce qui va se passer prend le dessus sur tout le reste. Je crois que la description du massacre de la Saint-Barthélemy et ses conséquences sur Théophraste, le médecin des nécessiteux, et sa fille Sybille ont su dès le départ me captiver.

Père et fille sont indubitablement empathiques. Sybille est l’héroïne qu’on admire pour son courage, sa soif d’indépendance et son intelligence, mais aussi pour ses décisions irraisonnées qui font d’elle une jeune fille qui reste accessible. Sa rencontre avec le compétent commissaire du Châtelet, Jean, nous laisse entrevoir le jeu de séduction qui va s’installer entre eux deux, malgré les suspicions de l’enquête qui ramène le jeune limier à la maison de Théophraste.

Parce que oui, le thème du livre est une série de meurtres qui frappe des prostituées de ce Paris du XVIe siècle, où le clivage entre misérables et nobles portera le pays, deux siècles plus tard, à se révolter en faisant tomber les têtes. L’origine des divers assassinats trouve sa source dans le mystère d’orgies se déroulant dans les boudoirs de soirées nocturnes de la haute société parisienne. L’atrocité des faits sans description précise m’a intriguée. J’ai apprécié que l’auteur n’aille pas dans le côté voyeurisme des tortures, notre imagination travaille très bien de son côté, ce qui maintient l’enquête dans le flou et contribue au besoin de se rapprocher du dénouement. Et puis, la science et l’alchimie, la justice des hommes et celle de la loi, et les sentiments humains d’amour et de jalousie haineuse s’opposent dans cette enquête si singulière…

Bref, une enquête dans un Paris d’antan avec des rites ésotériques qui se heurtent à la précision de la science et qui nous emmène jusque dans les cellules de la prison du Châtelet, n’a pu que me plaire. À lire !

 

 

Le léopard des Batignolles, Claude IZNER

Le léopard des Batignolles, Claude IZNER, septembre 2005, 10/18, 348 pages, littérature française. Collection « Grands détectives ». Tome 5 des enquêtes de Victor Legris.

Episodes précédents:

  • Mystères rue des Saints-Pères – tome 1- ici
  • La disparue du Père-Lachaise – tome 2 –
  • Le carrefour des écrasés – tome 3- ici
  • Le secret des Enfants-Rouges – tome 4 – de ce côté

En trois mots: devinettes, corruption, Commune de Paris.

léopard des batignolles Mon résumé: C’est un Paris traumatisé par la Commune que nous retrouvons dans ce nouvel opus. Des meurtres ont lieu aux quatre coins de la capitale française sans qu’aucun lien logique ne puisse être établi. Et pourtant à chaque fois des messages sibyllins, évoquant la présence d’un léopard sur les lieux des crimes, vont être retrouvés. L’affaire n’aurait guère attirée nos protagonistes si leur ami et partenaire, Pierre Andrésy, n’avait péri dans l’incendie de son imprimerie. Les voilà donc lancés à la recherche du léopard des Batignolles.

Mon avis: Ce tome 5 est à mon goût le meilleur que j’ai lu du point de vue de l’enquête. Si mon côté Sherlock Woman avait dénoué une partie de l’énigme, il était clairement passé à côté du dénouement final d’une logique implacable lorsqu’on referme le livre. Comme toujours, dans les aventures de Victor Legris, on déambule dans les rues parisiennes tant dans les quartiers ouvriers, notamment au marché aux fleurs, que dans les quartiers bourgeois en passant par un théâtre et ses comédiens; les meurtres s’enchaînent et le rythme de la librairie s’en voit payer les conséquences en raison des absences de Victor et Jojo. La vie privée de Kenji est dévoilée un peu plus tandis que la mère de Tasha, la compagne de Victor, débarque à la capitale…

Bref, dans ce tome il y a des entourloupes, des énigmes, de l’humour, de l’amour, et de la vie en cette fin du XIXème siècle qui assure au lecteur de passer un très bon moment.

Lecture commune avec Bianca.

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Le secret des Enfants-Rouges, Claude IZNER

Le secret des Enfants-Rouges, Claude IZNER, septembre 2004, 10/18, 315 pages, littérature française. Collection « Grands détectives ». Tome 4 des enquêtes de Victor Legris.

Episodes précédents:

  • Mystères rue des Saints-Pères – tome 1- ici
  • La disparue du Père-Lachaise – tome 2 –
  • Le carrefour des écrasés – tome 3- ici

En trois mots: Absolution, cache-cache, Ravachol.

le-secret-des-enfants-rouges- Mon résumé: L’objet de toutes les attentions, et des meurtres cela va s’en dire, va porter sur une coupe qui est décrite par une « calotte crânienne d’un singe, fixée sur un petit trépied de métal enjolivé de trois brillants et d’un minuscule faciès de chat aux prunelles figurées par deux agathes jaspées ». Cette fameuse coupe fût offerte par l’épouse de feu John Cavendish, un britannique, à Kenji Mori, le père adoptif et associé de Victor Legris. Dérobée lors d’un cambriolage, au domicile de Kenji, sis en haut de la librairie au 18, rue des Saints-Père, cette sorte de calice va embarquer nos protagonistes dans une drôle d’aventure où ils n’ont jamais été aussi prêts de frôler la grande faucheuse.

De Londres à Paris, des quartiers populaires aux quartiers huppés, des revendeurs à la sauvette aux chercheurs scientifiques, l’enquête de nos Sherlock français va s’avérer être une partie de cache-cache bien dangereuse. Pour donner de l’oxygène à l’enquête, ou la corser, la vie privée des uns et des autres sera source de jalousie pour Victor Legris envers sa compagne, Tasha, source d’épanouissement pour les jeunes tourtereaux Joseph et Iris, ou bien encore source de lutte intérieure pour Kenji et Eudoxie.

Mon avis: Je sors de ma léthargie littéraire et reviens doucement grâce à Claude Izner et son libraire Victor Legris. Pour renouer avec la lecture j’ai eu envie d’un livre à la fois facile à lire et dans un environnement où je me sens à l’aise et que j’affectionne. C’est pourquoi Le secret des Enfants-Rouges ne pouvait que me séduire. On retrouve avec plaisir nos protagonistes qui avancent un peu plus dans la vie et leurs projets tout en étant confrontés à un climat anxiogène – Paris victime d’attentat avec Ravachol donne un goût amer ceci dit – et à une enquête policière de cache-cache avec le meurtrier, appelé aussi l’Émissaire, où les corps tombent les uns après les autres. J’ai beaucoup apprécié la folie de Fortunat de Vigneules, un vieux riche délirant, et la jeune Yvette, très attachante.

Ce tome fond comme un délicieux caramel. J’enchaîne sur le n°5 donc!

Lecture commune avec Bianca.

 

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