Ce qu’il nous faut c’est un mort, Hervé Commère

Ce qu’il nous faut c’est un mort, Hervé Commère, mars 2016, Fleuve noir, 398 pages, littérature française, roman noir.

En trois mots:  village, destinée, lingerie.

CVT_Ce-quil-nous-faut-cest-un-mort_8898Quatrième de couverture: Trois garçons pleins d’avenir roulent à flanc de falaise. C’est la nuit du 12 juillet 1998, celle d’I will survive. Ce que la chanson ne dit pas, c’est à quel prix. Les Ateliers Cybelle emploient la quasi-totalité des femmes de Vrainville, Normandie. Ils sont le poumon économique de la région depuis presque cent ans, l’excellence en matière de sous-vêtements féminins, une légende – et surtout, une famille. Mais le temps du rachat par un fonds d’investissement est venu, effaçant les idéaux de Gaston Lecourt, un bâtisseur aux idées larges et au coeur pur dont la deuxième génération d’héritiers s’apprête à faire un lointain souvenir. La vente de l’usine aura lieu dans l’indifférence générale. Tout le monde s’en fout. Alors ce qu’il faudrait, c’est un mort. De la corniche aux heures funestes de Vrainville, vingt ans se sont écoulés. Le temps d’un pacte, d’un amour, des illusions, ou le temps de fixer les destinées auxquelles personne n’échappe.

Mon avis: L’édifice sur lequel repose ce roman noir est solide, ce qui n’en rend sa construction que plus puissante. L’auteur part de la date phare du 12 juillet 1998, où on a tous hurlé « merci les bleus » « et un, et deux, et trois, zéro ! », pour faire basculer la vie de ses personnages vers leur destinée. Beaucoup de drames se sont déroulés cette nuit-là aux quatre coins de la France, un accident de voiture, une laissée pour morte, un viol, mais aussi de grands bonheurs avec une naissance et une rencontre.

Pourtant, tous ces individus, brisés ou non par la vie, vont se croiser une vingtaine d’années après cette folle nuit du 12 juillet 1998, dans une ville ouvrière de Normandie, Vrainville, réputée pour les Ateliers Cybelle, une usine de lingerie, fondée après la Première Guerre mondiale par Gaston Lecourt, le grand-père d’un des personnages de l’accident de voiture.

Grâce à la machine à remonter le temps, on s’attarde sur la création des Ateliers Cybelle, pour pénétrer de plein pied dans l’âme de cette cité ouvrière, pleine d’humanisme et de solidarité.

Sans ce formidable retour en arrière, dont on se délecte, la saga villageoise et le drame social qui en découle au présent n’auraient pas le même écho. Car après une belle période faste, la mondialisation et les soucis de rentabilité poussent le petit-fils du fondateur à fermer l’usine.

C’était sans compter sur la mobilisation des Vrainvilliers et des ouvrières prêtes à tout pour conserver leurs emplois. Tient, cela a comme un goût de déjà-vu… Dépeignant les maux de la société française d’aujourd’hui, via un constat objectif, l’auteur met en scène ses personnages, tous fouillés, qui selon leurs racines et leurs vécus se battent avec les moyens dont ils disposent, habités par leurs propres démons du passé.

On passe du flic noir à l’ouvrière passionnée en passant par l’héritier grand patron et l’avocat, sans oublier le rondouillard de maire libidineux. Chacun a ses qualités et ses défauts et s’en dépêtre comme il peut dans ce huis-clos vrainvilliers où l’un des leur, vu comme le doux agneau, va mourir. Accident ? Suicide ? Assassinat ? C’est l’explosion de la bombe amorcée vingt ans en arrière qui va accélérer les événements et exacerber les tensions de ce petit village.

Tout secret se sait un jour. Tout a un sens dès lors que la logique des individus est connue. Il faut souvent des tragédies pour les mettre en lumière. Le puzzle s’assemble et finalement les valeurs humaines l’emportent.

Ce roman noir dresse un portrait saisissant de notre société et, par un rythme et une plume unique, gagne à être lu.   

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Lu dans le cadre du GPLE 2017

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Jury d’avril, sélection du jury de septembre 2016.

En douce, Marin LEDUN

CVT_En-douce_9268En douce, Marin LEDUN, 24 août 2016, Ombres Noires, une collection Flammarion littérature noire et policier, 251 pages, littérature française contemporaine.

Lu en juin 2016 dans le cadre de la sélection FNAC RL 2016, épreuves non corrigées.

En trois mots:  accident, bascule, séquestration.

Emilie était une jeune femme dynamique jusqu’au jour sa vie a basculé. D’une vie professionnelle et personnelle épanouie somme toute classique, infirmière, propriétaire de son appartement sur la côte Atlantique, elle descend au niveau zéro de l’ascenseur social, employée dans un chenil isolé, suite au terrible accident dont elle est victime.

Après avoir amorcé sa descente aux enfers, elle s’englue dans une spirale infernale d’une vie insipide qui va être animée par la vengeance. Aussi, elle se met à rechercher le responsable de tous ses maux. Il s’agit d’un homme tout aussi normal qu’elle avant l’accident, que l’on peut même qualifier de banal. Emilie en jouant de sa féminité va réussir à l’attraper dans ses filets pour assouvir son besoin de justice. Mais la paix intérieure se trouve-t-elle dans la vengeance?

Un livre où l’héroïne n’est pas le gentil personnage mais le méchant. Emilie n’est cependant pas une folle finie, juste une femme qui souffre et qui essaie d’extérioriser sa douleur pour se soigner. Elle pourrait être n’importe qui. En cela elle est touchante.

Le retournement de situation de la victime et du « bourreau » est lui aussi intéressant. Des vies normales, bousculées par la fatalité, qui révèlent une transformation des individus. Malheureusement, je n’ai ressenti aucune empathie pour les deux personnages. Si j’ai compris leur sensibilité, ils ne m’ont pas permis de m’identifier à eux pleinement.

Une lecture agréable, mais qui sera vite oubliée.

Le carrefour des Ecrasés, Claude IZNER

Le carrefour des écrasés, Claude IZNER, novembre 2003, 10/18, 285 pages, littérature française. Collection « Grands détectives ». Tome 3 des enquêtes de Victor Legris.

Épisodes précédents:

  • Mystères rue des Saints-Pères – tome 1- ici
  • La disparue du Père-Lachaise – tome 2- ici

En trois mots: Vengeance, Secrets, Paris.

carrefour des ecrases Mon résumé: C’est la découverte d’un escarpin rouge, ramené à la librairie Elzévir par Grégoire Mercier, un chevrier parisien, qui va lancer Victor Legris, libraire et photographe à ses heures perdues, sur sa nouvelle enquête. Il va progressivement rattacher cet escarpin à sa propriétaire, une jeune femme, tout de rouge vêtue, retrouvée morte au carrefour des Écrasés. Mais, cet escarpin va également être reconnu par Kenji Mori, l’associé et père adoptif de Victor, comme appartenant à sa filleule, Iris, qui réside dans une pension pour jeune fille dans le Val-de-Marne. Il s’avérera, heureusement pour nos libraires, que la jeune femme assassinée n’est pas Iris! Il s’agit d’une de ses amie à qui elle avait prêté ses chaussures afin qu’elle honore un rendez-vous galant. Iris sera néanmoins rapatriée dans les logements situés au-dessus de la librairie pour des raisons de sécurité.

Puis d’autres assassinats isolés vont se perpétrer dans les rues de Paris: une artiste, Noémie Gerfleur sera découverte étranglée à son domicile; le cadavre d’un jeune homme, Gaston Molina, émergera d’un tonneau de vin d’une production illégale, tandis que le gardien du Jardin des Plantes périra tragiquement croqué par un lion. Si le lecteur sait que ses meurtres sont liés et connaît uniquement le mobile -la vengeance- le lien ne sera pas immédiatement établi par Victor Legris qui démasquera néanmoins l’identité du meurtrier. Il reconstituera le puzzle en résolvant un poulet sibyllin « Charmansat ché ma tante. Aubertot, goche cour manon sale pétriaire. Rue L. rdc 1211. »  

Mon avis: Des trois premiers tomes, celui-ci me semble le plus abouti au niveau de l’intrigue, et reste au niveau des deux autres quant à la visite guidée d’un Paris des années 1890.

La construction des aventures suit le schéma récurrent suivant: la librairie tourne toute seule jusqu’à ce que un individu, connu directement ou indirectement par nos libraires, trépasse et annonce une série de meurtres. La fibre enquêtrice de Victor Legris prend alors le dessus et épaulé de son commis, le truculent Jojo, les deux protagonistes vont coiffer au poteau l’équipe de policier dirigée par Lecacheur, tout en menant profil bas l’un auprès de sa dulcinée, Tasha, et l’autre auprès de sa mère, Euphrosine Pignot.

Cette aventure nous plonge hors des boudoirs feutrés des tomes précédents. Nous voyageons dans un Paris plus populaire, qui sent le bouc et les peaux tannées, saupoudré du formol ambiant de la Salpêtrière et révèle la pauvreté au Mont-de-Piété. C’est un Paris qui transpire l’alcool nocturne et le mâle en rut au Moulin Rouge et au Chat Noir. On y croise des artistes peintres de l’époque comme ici Toulouse Lautrec que fréquente Tasha, et des médecins comme le Dr Charcot, ainsi que les titres et auteurs qui ont le vent en poupe en cette fin d’année 1891, avec un fait divers d’accident ferroviaire.

L’intrigue est plus consistance car même si nous suivons l’avancée de Victor Legris, et bénéficions de quelques éléments de plus que lui, l’identité du coupable est loin d’être aussi évidente que par le passé et entre nous, c’est plus rigolo de jouer à Scherlock Holmes!

Les personnages que nous connaissons désormais bien avancent également dans leur vie. Kenji, Tasha, Mme Germaine, la gouvernante, et Euphrosine Pignot, la mère de Joseph, restent fidèles à eux-mêmes. On retrouve Eudoxie Allard, secrétaire du journal le Passe-Partout du premier tome qui s’est reconvertie en danseuse et permettra à Victor Legris d’être mieux introduit dans le monde de la nuit. Cette aventure met l’éclairage sur Joseph Pignot, dit Jojo, qui semble se remettre d’une déception sentimentale et avance par ailleurs dans un projet professionnel qui se concrétise. Il y a également un rebondissement quant à l’identité d’Iris qui ne sera pas sans conséquence…

Bref, une série divertissante que j’apprécie de plus en plus. 

Lecture commune avec Bianca, Fanny, Le livre d’après.

Livre acheté dans le cadre de cette LC qui n’aura pas eu le temps de prendre la poussière dans ma PAL.

Rendez-vous le mois prochain, le 2 décembre, pour le tome 4 intitulé Le secret des enfants-rouges!

 

Concerto pour quatre mains, Paul COLIZE

Concerto pour quatre mains, Paul COLIZE, octobre 2015, Fleuve Editions, fleuve noir, 473 pages, littérature belge.

En trois mots: Braquage, Honneur, Ethique.

CONCERTOMon résumé: Franck Jammet est un joueur. Il joue du piano. Et joue avec le feu en montant des coups tous plus spectaculaires les uns que les autres. Aussi, il lui est rapidement attribué le casse du siècle qui porte sur un vol de diamants d’une valeur colossale.

Jean Villemont est quant à lui un brillant avocat pénaliste, fraîchement séparé de sa femme, amateur d’alpinisme, qui se voit confier un dossier relativement simple de défense d’un preneur d’otage…

Autour de ces deux personnages principaux gravitent respectivement Julie et Leila, ainsi que des amis. Ils n’ont rien en commun et pourtant…

Mon avis: J’avouerai avoir fait traîner ce livre tant je l’ai adoré et que je n’avais pas envie de le terminer! Ma critique sera donc bonne sinon élogieuse.

Dans ce livre, il y a les méchants – les gangsters, les petites frappes –  et les gentils – les avocats et les honnêtes travailleurs. Mais ces apparences trompeuses dévoilent en réalité des psychologies fines et travaillées où rien n’est tout noir ou tout blanc. Car défile sous nos yeux une histoire pour les grands. Certes il s’agit d’une histoire inventée, mais elle transpire l’expérience réelle, le vécu, et elle sonne « vraie ». Les protagonistes ont fait des choix quant à leur vie passée qui orientent par conséquent leur présent, et leur donnent une contenance qui dépasse l’être de papier.

Franck Jammet a choisi de vivre dans l’illégalité. Braqueur de haut vol, extrêmement intelligent, il est minutieux et peut mettre une année à préparer son casse tant il veut maîtriser les événements; il sait également s’entourer de personnes de confiance, comme son fidèle ami, Alex, et de personnes compétentes telle Julie, la fine fleur de la physique, qui deviendra bien plus qu’une complice… Indépendamment de son intelligence qu’il met dans des entreprises illégales, et qu’on suit avec intérêt sincère, (comment faire exploser un fourgon blindé sans abîmer ni les convoyeurs ni le butin?) il a un code d’honneur: ne jamais faire de blessés ni de morts; et cette éthique conjuguée à son professionnalisme le fait entrer dans la légende.

Jean Villemont a choisi, au contraire, la voie de l’avocat pénaliste. Il est brillant, élégant mais a oublié sa femme pour se propulser comme un des meilleurs avocats du barreau. Sa séparation est douloureuse. Bien que bourreau de travail, quitte à accepter un dossier supplémentaire, celui d’Akim Bachir accusé de prise d’otage, il se laisse à fréquenter une jolie avocate talentueuse, Leila. Son nouveau dossier présente des zones d’ombre qu’il souhaite lever. D’où l’intervention de sa consœur sur ce dossier, qui en lui donnant un simple coup de main, va l’amener malgré elle sur le sentier ambigu du secret professionnel.

Dans ce livre il y a un travail de recherche et d’écriture insoupçonnable alors qu’il est d’une fluidité naturelle.  L’auteur s’est effectivement appuyé sur deux témoignages que sont celui d’un braqueur, François Trukens et d’un avocat, Pierre Monville. Je pense que cela explique largement la matière réelle et humaine donnée aux personnages dont je vous ai parlé plus haut. Il connaît également les lieux où se situent les actions; on est principalement en Belgique et même si je n’ai jamais eu l’occasion d’aller m’y promener, la précision de l’environnement accentue ce rendu qui fait « vrai ».

Ensuite le style « Paul Colize » est épuré, concis, clair et net. Il ne brode pas. Alors vous imaginez l’enchaînement des événements au cours de ces 473 pages…Il alterne le point de vue des deux protagonistes et se glisse dans la peau de Jean Villemont, l’avocat, en utilisant la première personne du singulier, ce qui le rend familier. Pour Franck Jammet, il fait des va-et-vient entre passé et présent. L’homme et son histoire se construisent progressivement pour mieux servir la part psychologique de l’individu. Si j’osais émettre deux bémols je dirais que je n’ai pas été surprise de la fin (c’était celle à laquelle je m’attendais) et que j’aurais aimé qu’il soit davantage traité des personnages féminins; mais je crois surtout que j’aurais aimé rester plus longtemps avec eux…

Concerto pour quatre mains est un policier rythmé et dosé écrit par un virtuose remarquable. Un coup de cœur! (vu qu’ils sont bien rares, il convient de le souligner)

Note finale: Paul Colize? Jamais entendu parler. Aussi lorsque Babelio m’envoie un mail – attention c’est un mail automatique, hein! Il ne faut pas croire que je suis une privilégiée des SP- pour m’inviter à postuler pour recevoir son nouveau livre et le rencontrer, je me laisse tenter par la quatrième de couverture et ai la chance d’être sélectionnée…

Et dire que j’ai failli ne pas aller à cette rencontre… Le jour J donc, après une sale journée, je pars direction les locaux de Babelio, fière d’avoir 15 minutes d’avance. Je regarde mon mail pour me rappeler l’adresse précise de Babelio…Et là, sueur froide: la rencontre se fait dans les locaux de l’éditeur, ailleurs dans Paris. Je serai donc  1) en retard 2) j’ai un problème d’I-phone et je n’ai aucun sens de l’orientation donc sans GPS, c’est pas gagné 3) une fois n’est pas coutume, il y a des problèmes dans les transports 4) ça m’apprendra à ne pas lire mes mails 5) Journée pourrie, et si je rentrais? 6) Oui, mais je me suis engagée… 7) Je me bouge et on verra… Mais j’y suis arrivée! Et quel délicieux moment. Paul Colize est belge, avec juste ce qu’il faut d’accent, et un humour extra. Il nous captive en nous racontant les coulisses du roman, interpelle ses lecteurs, bref construit un vrai échange qui me donne qu’une envie: lire son roman et les autres! Et comme s’il n’avait déjà pas assez de vraies qualités humaines, il est bel homme cet auteur! Le résumé de Babelio est par ici.

Je remercie Babelio et les éditions Fleuve de m’avoir fait découvrir cet auteur dont l’univers m’a littéralement séduite.

Un autre avis que le mien: c’est chez Noctenbule: ici

Fenêtre sur crime, Linwood BARCLAY

Fenêtre sur crime, Linwood BARCLAY, mars 2015, J’ai Lu, 540 pages, Thriller, traduit de l’anglais Canada.

En trois mots: corruption, schizophrénie, assassinats.

 

Nfenetre sur crime v2otes liminaires: Il y a de nombreuses années, bien avant le blog, bref jadis, j’étais une grande lectrice de thriller. Puis, je suis allée vers d’autres genres littéraires. Aussi lorsque Babelio a proposé une masse critique spéciale avec-rencontre-de-l’auteur-s’il-vous-plaît, sur un thriller, dont la quatrième me plaisait, je me suis dit pourquoi pas? J’ai eu la chance d’être  sélectionnée et ce fût une très très bonne découverte! 

Mon résumé: Lorsqu’on exécute un contrat, même si l’on est reconnu dans le milieu, il peut arriver des choses incontrôlables qui font perdre la totale maîtrise des événements. Dans ce cas, il faut rattraper le boulot froidement et gérer les dommages collatéraux au fur et à mesure qu’ils se présentent. Mais il n’est pas simple de mettre la main sur un illustre inconnu venu fouiner dans le coin pour on ne sait pas trop quoi…

Cet illustre inconnu s’appelle Ray Kilbride, 37 ans, illustrateur de métier, qui vient d’enterrer son père et doit gérer la succession ainsi que son frère Thomas, 30 ans, schizophrène, agoraphobe, et obsédé des cartes. Ray a du mal à comprendre que son frère, malgré sa maladie, a développé une compétence si particulière que la CIA et Bill Clinton l’ont pour agent. La mission de Thomas est de mémoriser les plans de toutes les villes du monde à l’aide de Whirl360, une sorte de google street view, en prévision du jour où un attentat anéantirait tous moyens de communication. Mais l’étude des rues des villes prend une tournure extraordinaire lorsque Thomas, derrière son écran d’ordinateur, assiste à quelque chose qui pourrait bien s’apparenter à un meurtre sur Orchard Street, New York. Il convainc son frère de se rendre sur place pour en apprendre davantage…

New York est la ville Q.G de Morris Sawchuk, homme politique en pleine ascension qui vient de faire un mariage réussi avec la belle Bridget. Sauf que politique rime souvent avec magouilles en coulisse… « Fenêtre sur crime », titre choisit en français, est tout à fait approprié à ce thriller haletant qui confronte des gens ordinaires, comme vous et moi, à une histoire peu commune!

Mon avis: Cette histoire ressemble à des poupées russes jetées dans les chutes du Niagara. Les chapitres extrêmement courts donnent la parole à une foule de personnages au portrait étoffé et à la psychologie fouillée sans jamais noyer le lecteur. Le développement de l’intrigue porte donc sur un point commun – le meurtre- et va progressivement relier les histoires dans l’histoire dans une dynamique incroyable où subsiste néanmoins des ramifications propres aux personnages. Le point fort de ce  thriller, selon moi, est la capacité de l’auteur à jouer sur les mots et à donner des directions qui ne sont jamais celles que l’on pense. D’ailleurs, le rebondissement final a lieu à la dernière page et laisse un sentiment de malaise, cadeau de l’auteur pour laisser l’imagination de ses lecteurs faire le reste!

Mais c’est sans compter sur des traits d’humour distillés et un attachement aux personnages auxquels on s’identifie dans le quotidien (faire les courses, le dîner…) ou qui nous attire de par leur singularité (la tueuse professionnelle). Mes deux préférés sont Thomas et Nicole, la fameuse tueuse. J’étais curieuse de voir comment l’auteur allait traiter la schizophrénie et j’ai été agréablement surprise par sa maîtrise de la description de la maladie; je sais, après l’échange que nous avons eu, que son frère en est atteint; d’où la justesse des attitudes…Quant à Nicole, elle fait l’unanimité, même son créateur est sous le charme de cette sportive hors pair!

Ensuite au-delà de la première couche, l’auteur égratigne la corruption qui sévit dans la politique américaine, (re)lance le débat « big brother » où nos faits et geste sont surveillés, filmés, enregistrés, et dénonce la prostitution. Oui, ce dernier thème arrive comme un cheveu sur la soupe mais impossible d’en dire plus sous peine de spoiler. Enfin, il met en lumière le combat internet et presse écrite qui est très présent aux USA, via le personnage de Ray, thème qui lui est cher en tant que journaliste.

Fenêtre sur crime est un excellent thriller, qui nous happe. Un compagnon idéal pour vos vacances estivales!

Je remercie Babelio de m’avoir à nouveau immergée dans les thrillers et d’avoir organisé cette rencontre avec l’auteur: résumé de la soirée ici.

Je regrette juste de n’avoir pas su que la généreuse Noctenbule était elle aussi présente à cette rencontre: son article est par .

Un intérêt particulier pour les morts, Ann GRANGER

Un intérêt particulier pour les morts, Ann GRANGER, juin 2013, 10/18, 379 pages, littérature anglaise.

En trois mots: Enquête, Londres, Lizzie Martin.

 

Un int part pr les morts Mon résumé: Au cœur de l’ère victorienne, Miss Elisabeth Martin – Lizzie-, qui vient de perdre son père, le Docteur Martin, quitte sa campagne natale pour Londres. Tante Parry lui a proposé de devenir sa dame de compagnie. Cet emploi lui garantit un petit salaire ainsi qu’une place dans la société puisqu’elle n’est pas encore mariée! Fraîchement débarquée dans la capitale en pleine construction de la gare de St Pancras, elle découvre qu’elle remplace Madeleine Exham, ancienne dame de compagnie, dans la maison de Dorset Square. La jeune femme très fleur bleue a mystérieusement disparu du jour au lendemain. Or, son cadavre est découvert dans les décombres des taudis londoniens que la compagnie des chemins de fer est en train de raser. Le commissaire Ben Ross est chargé de l’enquête. Lizzie, dont l’esprit vif et le passé lui seront de précieux alliés, ne se sent pas en sécurité chez les Parry et souhaite elle aussi découvrir le meurtrier de Mado.

Mon avis: La mutation de l’Angleterre ne concerne pas uniquement l’industrialisation; elle s’attaque aux mœurs avec en figure de proue Lizzie Martin. Jeune femme réfléchie, ni belle ni laide, elle brille par son empathie, sa volonté de rendre la justice et sa langue bien pendue. Personnage principal de ce premier tome qui annonce une belle saga, on s’attache rapidement à elle, tant elle inspire confiance et son esprit est vif. Aussi, lorsqu’elle apporte des premiers éléments probants sur le meurtre de Mado à Ben Ross, on ne peut que saluer son audace et sa déduction; elle devient alors un véritable partenaire du policier de Scotland Yard, à laquelle les petites gens londoniens se confient plus facilement.

Car toutes les couches de la population londonienne sont concernées, de près ou de loin, à cette affaire: des crasseux miséreux, aux domestiques envieux, aux nobles étriqués dans les conventions en passant par les business men de la compagnie ferroviaire,  sans oublier l’homme religieux qui cache quelque secret pervers, chacun est susceptible d’avoir des informations utiles qui permettraient d’élucider le meurtre.

Chaque personnage contribue par ailleurs à étoffer l’atmosphère de ce Londres fascinant dirigé par la Reine Victoria. Là encore, le paysage social colle aux lieux en restituant soit de l’insécurité, sur les bords putrides de la Tamise, soit un confort dans les maisons bourgeoises des Squares. Il y aurait un côté manichéen, avec une romance annoncée à demi mot entre les deux protagonistes, mais la lecture est sincèrement facile et si agréable que cela n’a guère d’importance. L’intrigue se met en place à bonne vitesse, les événements se succèdent progressivement les uns aux autres tant est si bien que l’on est transporté dans l’aventure de Lizzie Martin.

Plus surprenant encore, label de qualité d’un bon livre selon moi, le dénouement que je n’ai pas vu arriver!

Si mon billet ne vous aura pas convaincu, attardez-vous sur la magnifique couverture et…succombez.

Je lirai les deux prochains tomes (La curiosité est un péché mortel suivi de Un assassinat de qualité) et, au regard de l’avis de Belette, je me laisserais bien tenter par la saga des Pitt d’Anne Perry…

victorien-2013 mois anglais 2015

Un palace en enfer

Un palace en enfer, Alice QUINN, janvier 2015, Michel Lafon, 382 pages, littérature française contemporaine, suspense et humour. Présentation sur You tube: ici

En trois mots: aventure, maman solo, enquête.

palace en enfer

Résumé: Un palace en enfer aurait pu aussi s’intituler la folle semaine de Rosie Maldonne!

Rosie, ou Cricri pour les intimes, vit avec sa progéniture, dans une vieille caravane sur un terrain vague près de Cannes. Bénéficiaire du RMI et malgré quelques heures de boulot au Sélect, un bar de la ville, sa vie est une succession de galères. Néanmoins, elle est une jeune femme dynamique, optimiste, qui ne se laisse jamais abattre et trouve un certain réconfort grâce aux messages que sa mère décédée lui envoie dans son sommeil, sous forme de chansons.

Aussi lorsqu’elle tombe par hasard avec les enfants sur des enveloppes remplies de billets de banque au fond d’une série de poubelles, elle se croit sortie des fins de mois difficiles. Erreur fatale: elle vient de contrer la mafia. En même temps, sa meilleure amie, Véro et son petit dernier, Pierre, sont portés disparus. C’est le beau Jérôme Gallo, lieutenant de police timide mais charmant, qui le lui annonce. Commence alors un double jeu de piste: la mafia recherche Rosie et Rosie recherche Véro. Mais Rosie doit aussi se battre avec la municipalité corrompue afin de rester sur son terrain vague. C’est avec l’aide de nouveaux amis comme Gaston, son oncle Sam tombé du ciel, et Ismène, employée à la mairie, qu’elle va pouvoir avancer et protéger sa famille.

Mon avis: Si le langage familier m’a sincèrement gênée au début de ma lecture, je m’y suis habituée en m’appropriant l’univers de l’intrépide Rosie. Les pages se tournent et le charme opère. Rosie a certes un franc parler, c’est une femme atypique perchée sur des talons de 15 cm de haut et mini-jupe qu’il pleuve ou qu’il vente, mais dont l’amitié et l’amour forge le caractère. Sa vie se calque sur celle de toutes les mamans: aller à la crèche et à l’école, jouer avec les enfants, les éduquer mais aussi trouver les moyens de subvenir à leurs besoins primaires en usant du système D. La part d’extraordinaire provient de cette entrée d’argent qui va générer la spirale infernale de l’histoire; il lui faudra se fier à son instinct pour se sortir de cette sacrée mésaventure tout en enquêtant sur la disparition de son amie, car Rosie est généreuse avec ceux qu’elle aime. Et ils lui rendent bien.

Le récit est bien mené avec des rebondissements qu’on ne voit pas toujours arriver. Le lecteur évolue aux côtés de Rosie, lui en veut parfois d’être un peu gourde mais l’admire dans sa façon de se sortir des situations impossibles; et on aimerait tellement qu’elle et le beau policier un tantinet timide brisent la glace une bonne fois pour toutes…

Je remercie Alice QUINN, l’auteur, et Michel Lafon, de la confiance qu’ils m’ont accordée en m’offrant ce livre qui n’entre pas de prime abord dans mes choix littéraires, le pari était risqué! Mais chère Alice, vous avez bien fait de me contacter, merci pour ce cadeau et ces bons moments passés en compagnie de votre Rosie.

Légèreté, fraîcheur et enquêtes sont au cœur de la première aventure maldonnienne. On adore, on adhère et on en redemande: à quand la prochaine aventure?

En bref, garanti 100% antimorosité, Un palace en enfer est un délicieux divertissement! 

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IMG_0690Trouvée, de Luc Bossi et Isabelle Polin, Fayard noir, février 2014, 276 pages, Thriller.

Note liminaire: J’ai eu la chance de recevoir ce livre des éditions Fayard, à la demande d’Isabelle Polin, que je n’ai pas la chance de connaître personnellement, mais qui connait quelqu’un que je connais, vous me suivez? Je suis très touchée de cette démarche car recevoir un livre en cadeau est pour moi un trésor, qui plus est, dédicacé! Ma première dédicace…double cadeau!

Je remercie donc Fayard et l’auteur pour leur envoi dès la sortie du livre en février 2014 et m’excuse de ne pas avoir donné signe de vie avant.

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Mon résumé: Clara Langlois est une jeune femme d’une vingtaine d’année qui s’épanouie pleinement à Bordeaux. Etudiante en histoire de l’art, elle partage la vie du talentueux et renommé, François Ménard, neurologue de profession, rencontré au musée des Beaux-arts de la ville. Rêvant secrètement d’écrire, l’étudiante se prête au jeu d’écriture proposé par son professeur d’histoire de l’art qui consiste à rédiger un texte en rapport avec l’étude d’une oeuvre. Elle expose donc son interprétation de la mort, du meurtre, devant les élèves de sa promotion, inspirée du tableau étudié d’Escher , avant de revenir à sa place et de tomber sur un mot glissé dans ses affaires « JE T’AI TROUVEE ». Clara en déduit qu’il s’agit d’une technique d’approche d’un soupirant, Louis, pour lequel elle reste de marbre. La vie de Clara est somme toute belle et légère; pourtant le vernis de sa vie se craquelle progressivement..

L’histoire de meurtre qu’elle a inventée la veille, et exposée au cours de l’après-midi, dépasse le cadre de la fiction et s’avère être un fait divers tragique à Sainte Eulalie, un patelin non loin de Bordeaux « un veuf assassiné chez lui […] Sa fille, une adolescente, découvre son corps » (page 29). Troublée et même choquée, Clara en discute avec François qui tombe par hasard sur le fameux mot « JE T’AI TROUVEE ». S’ensuit une descente aux enfers pour la jeune femme. François lui révèle alors que l’histoire qu’elle a inventée, et qui s’est produite le jour même, est en réalité son histoire. Il y a neuf ans, jour pour jour, elle a retrouvé son père égorgé et a été enlevée par le meurtrier. Il l’a séquestrée  pendant quatre longues années où il s’est plu à aiguiser sa peur, à la faire courir dans un labyrinthe souterrain, un chien-loup à ses trousses. Ayant réussie à s’échapper, Clara avait été récupérée par la police dans un squat parisien avant de finir en hôpital psychiatrique. Pour retrouver un semblant de vie, elle a intégré un programme spécifique de modification de la mémoire dirigé par François, dont la réussite est spectaculaire.

Les coïncidences de la journée ne sont qu’un clin d’œil de Lycaon, le tortionnaire de Clara, qui a retrouvé sa proie de jadis, pour lui annoncer son retour…François, qui sent l’étau se resserrer autour de la femme qu’il aime, inverse le protocole afin qu’elle recouvre la mémoire et soit armée pour faire face au danger imminent.

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Au même moment, Marianne Brunel, de la gendarmerie de Chartres, apprend le meurtre de Ste Eulalie et fait directement le lien avec l’affaire de Yvan ROYER, le père de Clara. Marianne n’a jamais résolu cette affaire qui l’obsède depuis tout ce temps, et voit là l’opportunité de clore ce chapitre; elle est donc envoyée en renfort à Bordeaux.

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Stressée mais bien décidée à rebondir, Clara, dans de bien difficiles conditions, repart dans les tréfonds de sa mémoire, alors que Lycaon organise sa chasse; lutte de survie et de territoire, elle ne peut faire confiance qu’à elle-même pour stopper Lycaon.

  •  Mes impressions: Ma vie agitée de ces derniers temps me laisse peu le loisir de lire; c’est avec un véritable plaisir que j’ai plongé dans ce thriller à l’approche facile, claire et aux phrases courtes, dont la seule envie fût de tourner les pages et d’avaler les chapitres « pour savoir ce qui va se passer » genre série où on ne peut s’empêcher de faire défiler les épisodes tant on est addict! Bien que nous ayons un thriller à la construction classique via des chevauchements d’événements passé-présent, liens cachés entre les personnages, scènes angoissantes sur le plan psychologique et rebondissements finaux, j’ai été happée par le tourbillon de vie -et de survie- de Clara; la jeune femme, à la fois fragile et extrêmement solide, a capté mon intérêt dès le départ. Clara est étudiante en histoire de l’art et pour illustrer cela il est fait référence à quelques œuvres d’art. Ma fibre artistique y a été sensible. De plus, l’héroïne rêve de devenir écrivain. Ma fibre littéraire a apprécié. Son environnement est aussi un lieu idéal où je me plairais à me reposer; la ville de Bordeaux est agréable, et la maison appelée « Bahia » appelle à la simplicité et au calme. Imaginez une maison tout confort perdue au creux des bois, accolée à un lac où la nature domine…ce calme et cette volupté peuvent également devenir le théâtre angoissant de meurtres dans l’épais brouillard de la forêt et des marais, sans personne pour vous venir en aide, un lieu idéal pour la traque en somme. Les auteurs nous emmènent là où ils veulent, nous font croire que nous, lecteurs, sommes plus malins qu’eux et avons deviné qui se cache derrière le loup; il n’en demeure pas moins vrai que l’effet de surprise quant à la révélation de l’identité de Lycaon, est bel et bien présent: lorsque je me  trompe dans mon enquête, je sais que j’ai en main un thriller de qualité. Pour ma part, j’ai apprécié grandement les tensions mentales qui s’opèrent à la fin du livre, plus fouillées que celles du début. Le fil directeur du livre est la mémoire et rappelle la force des souvenirs qui, bien que confus, se mettent en place progressivement avec le temps. Mais peut-on faire confiance à des souvenirs qui ont été manipulés? 

Bref, j’ai adoré cette bouffée d’oxygène dans mes tribulations actuelles et vous recommande ce livre. A noter que les droits ont déjà été achetés pour le cinéma, à suivre. 

Première participation au challenge mélange des genres de Miss Léo, catégorie thriller

melangedesgenres1

Holmes (1854/1891?), les BD

Holmes (1854/1891?), Tome 1 à 3, de Luc Brunschwig (récit) et Cecil (dessins et couleur) Edition Futuropolis, BD.

Repérée chez Miss Léo, cette BD avait attirée mon attention: on ne peut pas passer à côté d’un Sherlock Holmes de qualité; aussi lorsque je suis tombée sur les trois premiers volumes à la bibliothèque je les ai bien évidemment empruntés!

bd holmes t1Résumé du Livre I_L’adieu à Baker Street:

Chap 1. 9 mai 1891: On apprend la mort de Sherlock Holmes, en Suisse, aux chutes de Reichenbach. Le Dr Watson, qui va devenir le personnage principal de cette série, retrouve un mot que son ami lui a laissé, au cas où il lui arriverait quelque chose…Holmes accuse un ignoble personnage, le Professeur Moriarty, son plus grand ennemi, de l’avoir tué. Aidé du jeune Wiggings devenu grand, Watson décide de mener l’enquête sur la disparition de son ami, doute de l’honnêteté même de Mycroft Holmes, le frère de Sherlock, avant de retrouver trace du fameux Moriarty qui est lié d’une bien étrange façon à la famille Holmes…

holmes__1854___1891__tome_2Résumé du Livre II_Les liens du sang

Chap 2. 16 avril 1844: retour dans le passé en ocre et blanc avec la rencontre des parents du célèbre détective, à savoir Violet Sherrinford et Siger Holmes qui revient des Indes.

Chap 3. 2 juin 1851: Moins d’un mois après la mort de S.Holmes, John & Mary Watson accompagnés de Wiggings se rendent à la campagne pour présenter leurs condoléances à M. & Mrs Holmes mais surtout pour dénouer les liens qu’ils entretiennent avec le professeur Moriarty. Or, leur présence ne semble pas bien accueillie par les domestiques des Holmes, dont une certaine infirmière, Mrs Dumbley, qui s’occupe à temps plein de M. Siger Holmes, vieil homme sénile.

bd holmes t3Résumé du Livre III_L’ombre du doute

Chap 4. 13 juin 1891: Wiggings et Watson se séparent:  le premier essaie d’en savoir plus sur Mrs Dumbley et reste à Londres tandis que le second, accompagné de sa femme se rendent à Pau afin d’en apprendre davantage sur l’adolescence de S. Holmes…

 

  • Mes impressions: Nous avons là une petite merveille tant du point de vue des dessins que de l’esprit de Doyle et de sa création.

Ce que j’ai aimé:

  • les dessins de couleur noir et blanc et de couleur ocre pour les flash-back (cf tome2, chap 2);
  • leur précision, leur esthétisme, la représentation du Londres victorien notamment avec ses rues, sa misère…
  • les hallucinations du Dr Watson;
  • les clins d’oeil à l’oeuvre de Doyle: Wiggings est l’enfant des rues qui servait de petite main à Holmes, le retrouver adulte est une chouette idée, tout comme Mary la femme de John Watson, Mme Hudson la logeuse du 221b Baker Street, l’addiction de Holmes à la cocaïne…

Bref, une superbe BD pour laquelle on attend la suite avec impatience…

J’inscris cette lecture à deux challenges, British mysteries de Lou & Hilde et Challenge Victorien 2013 de Arieste:

bm lou et hilde

victorien-2013

Mise à nu

Mise à nu (tome 2), de Richard Castle, City-Edition, 365 pages, Thriller, littérature américaine.

  • mise à nu castleMon résumé:

Nikki Heat, détective new-yorkaise, est appelée sur les lieux d’un crime où le cadavre d’un hispanique a été retrouvé; elle a à peine le temps d’étudier la scène de crime qu’elle est de nouveau sollicitée par le Central pour se rendre au domicile d’une célèbre chroniqueuse mondaine, Cassidy Towne, d’où un appel émis laisse présager un danger imminent. Accompagnée de ses deux acolytes, les « Gars », à savoir Ochoa et Raley, elle se rend chez Madame potins, où ils découvrent son cadavre mais aussi le journaliste de choc, Jameson Rook, avec qui ils ont travaillé sur une précédente enquête (voir le tome 1 Vague de chaleur). C’est ce dernier qui a appelé la police pour rendre compte du meurtre de Cassidy Towne, qu’il suivait professionnellement depuis quelques temps, afin de rédiger un article sur elle. Une telle affaire devient prioritaire en raison de la célébrité de la victime. Sauf qu’on ne peut pas dire que vivante, Cassidy Towne était une victime: avide de pouvoir avec le besoin de tout contrôler cette femme n’hésitait pas à salir la réputation des personnalités en vogue à Manhattan: chanteuses comme Soleil Gray, politiques, sportifs comme le basketteur Toby Mills, restaurateurs et plus particulièrement Richmond Vergennes, sa fille biologique Holly Flanders, tous en ont pris pour leur grade et tous ont un mobile pour la tuer…L’enquête avance au rythme de Nikki Heat et bien évidemment connaît de nombreux rebondissements: alors que le corps de Cassidy Towne était emmené à l’institut médico-légal, la fourgonnette a été attaquée et son corps « volé »; puis, Nikki Heat s’est retrouvée ligotée par un inconnu voire menacée de mort -qui par la suite aura le surnom de « Texan » en raison de son accent- chez Rook alors qu’elle le rejoignait chez lui pour un débriefing avant qu’un nouvel assassinat se produise: celui de Derek Snow, un concierge de nuit d’un célèbre hôtel. Enfin, il s’avérera que la victime était en train de rédiger un livre qui allait faire trembler NY et le monde entier: cet écrit répond à la question « Pourquoi a-t-elle été assassinée? ». C’est donc en creusant toutes ces histoires parallèles au gré de son enquête, que Nikki Heat démasque et arrête l’assassin de Cassidy Towne.

  • Mes impressions: Appréciant la série « Castle » pour sa légèreté et son humour j’avais envie de lire les romans du fameux Richard Castle…Au regard de ma déception, je suis bien contente de l’avoir emprunté à la bibliothèque! Ayant eu une grande période « thriller & policier » avant d’ouvrir mon blog, je pense être en mesure de juger objectivement tous livres de cette catégorie; nos écrivains français tels Maxime Chattam, JC Grangé et Jérome Camut & Nathalie Hug, n’ont rien à envier à la qualité des best-sellers outre Atlantique.  

Tous les ingrédients de la littérature de gare sont réunis: Nikki Heat a tout de la pin-up intelligente: elle semble d’une beauté à vous couper le souffle puisque aucun homme n’est insensible à son charme, représente l’autorité grâce à son insigne de flic qui invite à dominer le mâle, est une sportive hors pair et en plus est d’une intelligence redoutable, avec une pointe de mystère en raison du meurtre de sa mère…Bref de quoi faire fantasmer le lecteur (ou pas). Ajouter à cela des scènes de sexe, au début, au milieu et à la fin…dans le monde des paillettes made in USA où l’argent coule à flot, une intrigue où les rebondissements n’en sont pas, des histoires en parallèle afin de meubler le tout, saupoudrer d’une touche d’humour et cela donne: Mise à nu.

Le style est moderne, les phrases courtes afin de donner une dynamique au roman mais j’ai eu du mal non seulement à rentrer dans l’histoire mais aussi à apprécier les personnages qui demeurent superficiels et sont trop clichés à mon goût. Par ailleurs, certaines références sont too much: le clin d’oeil aux « Experts Miami » aurait pu être évité. Néanmoins, je pense que ce livre peut plaire à tout lecteur cherchant une bonne distraction et n’étant pas exigeant quant au scénario et ne s’attachant guère à la psychologie des personnages: il n’est pas gênant de le lire sans connaître le tome 1; en effet seules deux références sont mentionnées à savoir un rappel de l’enquête précédente et la liaison sulfureuse des deux protagonistes.

En revanche, je salue le concept commercial et marketing de l’auteur: écrire des bouquins et en faire une série dans laquelle il joue est tout simplement génial! Son talent de business man est excellent, le reste est moins développé d’après moi…

Une déception donc, d’où une critique assez acerbe: je n’irai pas plus loin dans les aventures de Nikki Heat et me contenterai de la série télévisée.