Val de Grâce, Colombe SCHNECK

Val de Grâce, Colombe SCHNECK, août 2008, Stock, 139 pages, littérature française contemporaine. Rentrée Littéraire 2008.

En trois mots: Souvenirs, Famille, Page qui se tourne.

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Sous ce titre Val de Grâce (hum…l’hôpital?) et sans quatrième de couverture, hormis une phrase « Est-ce qu’on me pardonnera d’avoir été aimée à ce point? », se cache la madeleine de Proust de l’auteur. Je ne savais pas à quoi à m’attendre et j’ai aimé la découverte du bouquin sans savoir où j’allais!

J’ai lu rapidement des critiques plutôt moins bonnes que bonnes. Moi, j’ai passé un bon moment, et sans pour autant parler de coup de cœur, il y a chez Colombe Schneck ce petit quelque chose qui me plaît. Les mots simples et les phrases ciselées laissent toujours une double lecture: celle que l’on lit et celle que l’on ressent.

Retour en enfance nostalgique, ses souvenirs sont de l’or au cœur de l’appartement familial du Val de Grâce qu’il a fallu vendre après le décès de sa mère.

Elle se revoit enfant dans cet appartement cossu et atypique dans sa décoration. Du vert, du rose et du beige couvrent les murs tandis que le canapé en cuir est lacéré des griffes de chat. Elle revit son passé de petite fille avec la gouvernante, Mme Jacqueline, la boulangerie en accès illimité, son voyage en Ecosse ou aux Etats-Unis, ses livres qu’elle aime, les invitations à tire-larigot… Parce que c’est son monde à elle, de petite fille que l’on veut protéger, qui se dessine entre Val de Grâce et le jardin du Luxembourg; il s’agit de son territoire à elle, le reste n’existe pas lorsqu’on est qu’une enfant de toute façon. Il y a eu l’opulence et une période de vache maigre dont ses parents l’ont tenue éloignée. Parce que l’enfance se doit d’être naïve et de rêver jusqu’au moment où l’on entre dans le monde des adultes. Parce que ses parents, enfants juifs au moment de la seconde guerre mondiale, qui n’ont jamais pu vivre cette période d’innocence et d’insouciance, l’ont offerte à leurs enfants.

Certains jugent qu’elle n’est qu’une gosse de riche. C’est trop réducteur. Il y a une prise de conscience chez l’auteur qui se regarde petite et ne se ment pas sur ses caprices. Avec la vente de Val de Grâce puis le départ de Raspail, quartier où elle a vécu adulte, elle accepte d’être désormais orpheline, digne héritière morale de ses parents qui lui ont donné la liberté, celle de penser et de faire.

Une enfance dorée et privilégiée, certes, mais qui cache un besoin de prendre une revanche sur la vie. Et c’est réussi. 

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