La note sensible

La note sensible, Valentine GOBY, juin 2002, Gallimard, collection blanche, 177 pages, littérature française contemporaine.

En trois mots:  amour, paris, musique.

la note sensible

J’extirpe cet article de mes brouillons 2015 (dernière modification le 15 avril 2015) avec l’illusoire objectif de finir l’année de blogounet de manière proprette.  Inutile de vous avouer que mes notes se résument par quelques mots et ne donneront pas de consistance à ce billet; en revanche, mes émotions, si (du moins je l’espère). 

La note sensible est le premier roman de Valentine GOBY qu’elle a écrit à l’âge de 27 ans. J’étais extrêmement curieuse de le lire, moi qui voue un culte à cet auteur depuis ma lecture de Kinderzimmer (avis accessible via ce clic).

 Tu es le demi-ton. Tu es l’entre-deux, la note suspendue, l’équilibre fragile. Tu es le vacillement qui contient la chute, tu es le fa dièse qui frôle le sol, un presque sol ; tu es la défaillance retenue d’extrême justesse, tu es le bord de l’abîme. Tu es ce qui pourrait être et qui n’est pas, tu es un possible. Tu es cette note en mouvement obligé vers une autre, qui voudrait se confondre avec elle et ne se confond pas. tu es l’incertitude. Tu es la note sensible.

La note sensible c’est cela…Une alchimie de mots, de sons et d’émotions qui m’ont fait vibrer.

Inès vient d’être nommée prof d’anglais au Conservatoire de musique de Paris. Elle quitte donc sa vie toulousaine pour rejoindre la capitale, où elle ne connaît personne. Elle emménage dans le quartier d’Oberkampf, un quartier populaire et sympathique du XIème. Son voisin Vendello, bel italien, ancien de l’Opéra, joue du violoncelle qu’elle se plaît à écouter à travers leurs murs mitoyens. Comme deux voisins célibataires, ils font progressivement connaissance, la musique aidant, et s’ouvrent l’un à l’autre.

A travers le personnage d’Inès, je me suis retrouvée; ces projections ont contribué à mon coup de cœur pour ce roman, mais je pense aussi que la plume de Valentine Goby, si sensible, me touche quoi qu’il. Il y a une dizaine d’année, comme Inès, je débarquais à Paris, émerveillée et peureuse aussi, face à tous ces espaces qui n’étaient pas encore devenus familiers…

Inès découvre avec Vendello le sentiment amoureux, le besoin d’être avec l’autre, de vivre et de respirer comme lui. Elle s’intéresse à tout ce qu’il fait… Il devient sa raison d’être et, alors même qu’elle est extrêmement proche de sa famille, elle se détourne d’elle dans un moment terrible, pour s’oxygéner avec lui. Avec lui, elle est vivante. Son obsession est belle, grisante même. S’en est une subtile ode à l’amour qui nous fait vaciller dans l’abîme d’un bonheur pur. J’en ai eu des papillons dans le ventre.  Oui, un truc incroyable! Des papillons dans le ventre alors que j’avais compris la note finale…

A partir de là, il n’y a guère plus d’arguments à donner. « La note sensible » est un concentré d’émotions, de mots qui dansent et qui font crépiter la vie. Je vous souhaite de ressentir tout cela si vous le lisez, car neuf mois après cette lecture, le temps d’une grossesse, j’en ressens encore cette émotion sincère. Merci à Valentine Goby. 

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