La femme de Villon

La femme de Villon, Osamu Dazai, janvier 2005, Edition du Rocher, collection « Nouvelle », 66 pages, littérature japonaise.

Notes liminaires: je ne connais absolument pas la littérature japonaise; aussi, lorsque Adalana a reconduit son challenge Japonais, je m’y suis inscrite afin d’aller à la découverte du pays du soleil levant. La femme de Villon est le deuxième titre de la littérature japonaise que je lis, le premier ayant été Le fusil de chasse pour lequel ma chronique dort encore… Si je vous dis cela, c’est parce que j’ai toujours du mal à parler d’un univers dont je n’ai pas la maîtrise; le défi est donc de taille: m’immerger dans la littérature japonaise, respecter mon engagement vis à vis d’Adalana (lire 4 livres) et chroniquer de manière cohérente les livres!

En trois mots: alcoolisme, famille, destruction.

femme de villonMon résumé: François Villon est le nom d’emprunt -je suppose – de M. Otani, un célèbre poète japonais, artiste torturé, alcoolique et coureur de jupon. Sa femme, la narratrice, Mme Otani, sait très peu de chose sur lui. Femme au foyer, elle essaie de subvenir tant bien que mal à ses besoins et ceux de leur fils chétif tandis que son mari multiplie les absences. Son indifférence face à la misère de sa famille est sidérante. Lorsqu’un soir, ce dernier rentre ivre mort, il est poursuivi par un couple de restaurateur auprès de qui il a contracté une belle dette. S’enfuyant une nouvelle fois, en menaçant de mort ses créanciers, il laisse le couple face à sa femme qui essaie de comprendre les griefs reprochés à son mari. Pleine de solitude, mais aussi de sollicitude, cette dernière va s’employer à rembourser la dette de son mari…

Mon avis: Cette sombre nouvelle écrite par Osamu DAZAI (1909-1948) en 1947, soit un an avant son suicide, est, selon l’éditeur, son dernier texte majeur inédit en français. Osamu DAZAI était un homme torturé, suicidaire, morphinomane, issu d’une génération ayant perdu la guerre. Ne pas intégrer la biographie de l’auteur dans ce texte serait une erreur à mon sens: j’ai le sentiment qu’il extériorise son mal être dans ses écrits, certainement quand il était lucide.

« les hommes ne connaissent que le malheur. Ils luttent sans cesse contre la peur. » page 56.    « j’ai envie de mourir à un point que tu n’imagines pas. Depuis que je suis né, je ne pense qu’à la mort. » page 57. Confidences de M. Otani à sa femme.

M. Otani dit François Villon, poète de profession, ne se rend pas compte qu’en se détruisant, il aspire sa famille sur son passage. Si il se laisse aller vers le néant, sa femme s’accroche, elle, même lorsqu’il n’est pas là pour la protéger. La vie, la souffrance, la mort. Les sentiments prononcés à demi-mots propre à la pudeur japonaise, veulent dire beaucoup, et un regard posé sur la souffrance de l’auteur, pour lui-même, peuvent-ils être considérés comme une tentative de vie avant le point final?

Un très beau texte.

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