La fille surexposée

La fille surexposée, Valentine GOBY, dépôt légal: novembre 2013, Alma éditeur, Paris, 2014, 127 pages, collection Pabloid, littérature française contemporaine.

La collection Pabloid s’inspire  des « emblêmes » de Pablo Picasso que l’on peut confondre avec les « éléments fondamentaux de l’art »: « la naissance, la grossesse, la souffrance, le meurtre, le couple, la mort, la révolte et peut-être le baiser ». Valentine Goby a choisi la révolte.

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Tout part d’une photo des années 20. Celle de Khadidja la marocaine, femme mauresque.

La photo, format carte postale, traîne dans la boîte des souvenirs de papy Maurice. C’est une photo de charme qui prône la femme objet où l’exotisme attise les fantasmes les plus inavouables des jeunes colons européens qui résidaient alors au Maroc.  Isabelle, la petite-fille de Maurice, mais aussi femme et maman, la prend en pleine face (2011). On a toujours du mal à percevoir la sexualité des parents et grands-parents…Celle de papy Maurice ne fait pas exception…

Le texte, construit comme des tables gigognes, va redonner vie à Khadidja, la marocaine, et à toutes ces marocaines exhibées, photographiées (1924), utilisées, issues du Bousbir, quartier de prostitution de Casa, lorsque le Maroc était colonisé par la France (1950). Si l’on suit les traces de la photo, on rencontre également Miloudi, artiste peintre marocain, qui retravaille les photos de ses femmes nues, à la grossière mise en scène. Il les maquille de peinture avant de les exposer dans sa galerie. Enfant, Miloudi Nouiga a vécu à Casa. Bien sûr le Bousbir était haram -interdit- mais ce quartier faisait part intégrante de la ville. Alors quand Isabelle, en voyage touristique au Maroc, tombe au dédale des rues sur la Galerie Nouiga elle est comme happée par son exposition qui propose une série de tableau où des femmes mauresques dénudés, sont brouillées par la peinture…

« – Bonjour….Je regardais, c’est étonnant. Elle hésite. – Je viens de les accrocher. Je suis en train de terminer la série. – Je me demandais, pourquoi vous peignez comme ça… Elle tend la main vers les tableaux suspendus, avec ces croix, ces rayures. Le peintre rit. – A votre avis ? » (page 119)

Or, la révolte d’Isabelle n’est pas celle de Miloudi…

Pour terminer, sachez que Miloudi Nougia n’est pas un être de papier mais un véritable artiste vivant et qu’Isabelle, quant à elle à une petite part de Valentine Goby en elle.

La plume de Valentine GOBY est divine, précise et objective. J’aime sa façon de traiter la Femme, de la rendre belle et gracieuse en l’enveloppant de mots doux. J’ai d’ailleurs le sentiment que la femme est omniprésente dans ses écrits. A voir… je suis définitivement conquise par l’auteur! Merci Madame!

Déjà chroniqué sur le blog: Kinderzimmer

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Une réflexion sur “La fille surexposée

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