Le Parfum

Le Parfum de Patrick Suskind, 280 pages, LDP édition de janvier 2008, traduction  intégrale, littérature allemande.

 

le parfumEn trois mots : création – parfum- tragédie

Mon résumé : Pour survivre au milieu du XVIIIème siècle au cœur de Paris, un enfant hors norme du nom de Jean Baptiste Grenouille a poussé le don que la nature lui a fait à l’extrême, quitte à semer la mort partout où  il passe…

Enfant misérable, exploité par des adultes sans scrupules, il a développé un instinct de survie incommensurable dès sa naissance. Physiquement petit, rabougri, hideux et effrayant, il porte les stigmates des maladies mortelles dont il a été victime sans jamais y succomber. Il se caractérise également par une absence totale d’empathie envers l’être humain, mais surtout par son « nez ». Voyez-vous, Grenouille est l’unique individu doté d’un odorat surdimensionné. Les senteurs sont son langage. Que les odeurs soient celles des égouts de Paris ou la rosée du matin, Grenouille les a emmagasinées. Lorsque un jour, l’odeur parfaite lui chatouille le museau, subtile et douce, dégageant le parfum le plus agréable qui puisse exister et qu’il n’ait encore jamais senti, il décide de le capturer, mais ne peut le conserver. Ce parfum si suave et authentique, c’est celui d’une jeune fille dans le marais. Enivrer par cette odeur quasi-parfaite, avec le besoin de se l’approprier, il commet l’impensable et étrangle la jeune fille. Dès lors, il va poursuivre son unique objectif qui va être de créer Le Parfum, son parfum, en se donnant les moyens d’apprendre la fabrication du parfum dans ses procédés les plus nobles, auprès de maîtres parfumeurs aux quatre coins de l’hexagone.

De mon point de vue : Mais comment ai-je pu passer à côté de ce livre ? Si il n’est pas un coup de cœur absolu en raison d’une fin que je qualifierais d’orgie barbare, l’écriture est parfaite et maîtrisée, et dès la première page la magie des mots opère. Si les mots devaient avoir une odeur, elle collerait chaque lettre émanant de ce livre. C’est époustouflant ! En revanche, la beauté du champ lexical des senteurs met en exergue la cruauté de Grenouille dans sa quête du Graal. Grenouille est un sociopathe en liberté qui porte la mort volontairement ou non, car là où Grenouille passe, l’être humain trépasse. Il ne ressent rien en termes d’émotions, de sentiments, tant sa connaissance olfactive annihile toute part d’humanité pouvant éventuellement sommeiller en lui. On pourrait supposer que son enfance difficile où il a côtoyé la mort lui aurait appris l’importance de la vie mais il n’en est rien. Seul son objectif de création du Parfum doit être réalisé au détriment du reste. Il aurait pu devenir un maître dans son domaine tant il est talentueux mais son égocentrisme démesuré et son désintérêt du tout l’ont transformé en un criminel au génie singulier.

Ce livre est une tuerie : tuerie des mots et tuerie tout court !

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3 réflexions sur “Le Parfum

  1. Ping : Les orangers de Versailles, BD jeunesse. « Les livres de Camille

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