Pluie d’été

Pluie d’été, Ahmet Hamdi Tanpinar, mars 2006, Actes Sud, 109 pages, littérature turque.

 

pluie d été

En trois mots: mystère- amour – dualité

C’est une rencontre improbable, quelque peu irréel, entre un homme, Sabri, et une femme, belle, charismatique, envoûtante, qui un soir d’été, s’est abritée de la pluie, sous un arbre, dans son jardin.

Nous sommes courant de l’été 1942 à Istanbul. Sabri, écrivain, est resté dans la demeure familiale afin de trouver l’inspiration, tandis que sa femme, Sekhère et ses enfants sont en vacances chez le père de Sekhère. La découverte de cette sublime créature sous un arbre de son jardin, alors qu’une pluie diluvienne s’abat, va bouleverser la solitude estivale de Sabri. Il lui ouvre les portes de sa maison pour qu’elle s’abrite et en même temps, dans son inconscient, celles de son âme. Mi-enfant, mi-déesse, elle revêt une robe de Sekhère tandis que ses vêtements humides sèchent, et raconte des histoires sur elle, sur le jardin, sur des souvenirs n’ayant de prime abord guère de sens. Présente sans l’être, elle se comporte chez Sabri, non comme une invitée, mais comme la maîtresse de maison. La gouvernante, Mme Aiché, bien qu’acquise à Sekhère, tombe d’ailleurs sous son charme et ne relève pas que Sabri est en compagnie d’une autre femme que la sienne. Brusquement, la femme s’en va comme elle est venue, pour dit-elle rejoindre son mari, mais promet de revenir prochainement. Troublé, envoûté, Sabri l’attendra à nouveau, avec espoir, ardeur et désir.

Elle était une pluie d’été, un orage de lumière passager. C’était tout. Néanmoins elle s’était installée pour de bon dans sa vie et dans son esprit.

Lorsqu’elle revient et qu’ils partent se promener sur le Bosphore, il ne lui résiste pas. Puis, la femme se confie à Sabri dans l’intimité. Et seulement après, la parenthèse de cette rencontre se fermera.

Pluie d’été est une jolie nouvelle où une douce atmosphère mêlée de pluie, de soleil et d’eau de mer, se fond dans une rencontre énigmatique pétrie de la pudeur orientale des sentiments. Le dédoublement de personnalité des personnages, du côté de Sabri avec Karagueuz et Khadjivad -personnages principaux du théâtre d’ombres traditionnel turc- et de la femme avec sa tante décédée, contribue à suspendre hors du temps leur idylle et laisse à penser qu’ils étaient destinés à se rencontrer pour mieux se connaître eux-même, pour mieux découvrir la profondeur de l’amour qui peut être choisi, avant de reprendre le cours de leur vie…

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