La grâce des brigands

La grâce des brigands, de Véronique Ovaldé, Edition de l’Olivier, août 2013, 284 pages, Roman, rentrée littéraire 2013, littérature française contemporaine. Livre offert par PriceMinister dans le cadre des matchs de la RL2013.

la grace des brigands

  • Mon résumé: Maria Cristina Väätonen a pris la meilleure décision de sa vie du haut de ses seize ans lorsqu’elle a quitté le village de son enfance de Lapérouse, Canada, pour suivre des études littéraires en Californie, Etats-Unis. Si aujourd’hui, dans les Etats-Unis des années 70, sa vie personnelle conserve une part d’ombre, sa vie professionnelle est une réussite; elle s’est imposée sur la scène littéraire dès la publication de son premier roman à connotation biographique. Son ascension fulgurante est le fruit de sa rencontre avec Rafael Claramunt qui lui a permis d’atteindre le sommet. Rafael Claramunt est un auteur à succès, mais semble déjà en bout de course; c’est un homme blasé, arrogant, superficiel, panier percé et qui aime d’un peu trop près les adolescentes. Maria Cristina, donc, profite de sa vie qui pourrait s’apparenter au rêve américain lorsqu’elle reçoit un appel téléphonique de sa mère, Marguerite Richaumont. Cela fait une dizaine d’année que Maria Cristina est partie de Lapérouse, sans se retourner ni donner signe de vie. La voilà désormais rattraper par son passé puisque sa mère lui ordonne de venir chercher Peeleete, le fils de sa sœur MeenaCet élément déclencheur va progressivement nous faire revivre le passé de Maria Cristina: son enfance censurée par sa mère bigote à laquelle son père Liam Väätonen, trop simple d’espritne s’est jamais opposé; les circonstances de l’accident, son départ pour les Etats-Unis puis son arrivée; le choc des cultures,  sa colocation avec Joanne et le suivi de sa grossesse, son boulot de secrétaire chez Claramunt…Mais cet élément déclencheur va également sceller son avenir. Ainsi, c’est toute l’histoire de Maria Cristina qui défile devant nos yeux. 
  • Mes impressions: J’attendais beaucoup de ce roman qui portait sur des thèmes qui me sont chers; malheureusement, il n’a pas comblé mes attentes car tout au long du roman j’ai guetté le moment où justement il y allait y avoir LA bascule, L’événement qui chamboule tout, vous savez ce fil invisible qui vous happe et vous fait vivre au rythme du roman…attente vaine.

Pourtant, ce roman avait tout pour plaire: l’histoire d’une femme en rupture familiale tout d’abord et celle d’une femme écrivain ensuite…

Maria Cristina a eu une enfance malheureuse dont elle garde les blessures morales alors que les blessures physiques ont cicatrisées. En effet, sa mère totalement sous l’emprise extrême d’une religion voyait le Malin partout, et faisait vivre à sa famille des aberrations comme ligoter les mains des filles derrière leur dos la nuit pour éviter qu’elles se masturbent, ne laissait jamais entrer du monde dans leur maison rose cul… Ainsi se pose la question de la construction de l’adulte: comment se construire en tant que jeune femme alors que son socle initial est déséquilibré. Son départ de Lapérouse, qui va lui permettre de découvrir la vie, la vraie, signe sa volonté de changer d’univers et de suivre sa propre route; ceci est un symbole très fort qui prouve la détermination de la jeune femme, qu’elle est une battante et que par conséquent ses projets ne pourront que réussir, car elle est animée d’une force intérieure inébranlable. Arrivée aux Etats-Unis, elle va s’intégrer difficilement car elle ne connaît aucun code social, son éducation ayant été limitée. Là encore, elle devra s’adapter en coupant court avec ce qu’elle connaît de Lapérouse, son no man’s land, pour découvrir un monde plus « civilisé ». C’est grâce à sa force qu’elle percera dans le monde de la littérature et s’épanouira; néanmoins, cette revanche sur la vie, sa fierté d’être femme, lui portera aussi préjudice un soir d’un 31 décembre…

…des choses intéressantes auxquelles les lectrices pourraient s’identifier tant la personnalité de Maria Cristina balaie de nombreuses facettes, mais qui ne m’ont pas fait écho. Le style de Véronique Ovaldé me plaît alors que je sais que pour d’autre il est rédhibitoire. Les dialogues sont retranscrits de manière linéaire et donnent une dynamique au texte très particulière pour mieux s’approcher de Maria Cristina. En revanche, il manque, selon moi, une profondeur au texte. Les pages se tournent facilement, les mots sont clairs, mais ce sont des mots qui s’alignent les uns derrières les autres; je dirais que se sont des mots qui sortent du cortex cérébral indépendamment des mots qui sortiraient du cœur; on ne vibre pas Maria Cristina, on est spectateur; on ne vit pas sa passion, elle glisse devant nous. C’est le défaut de ce roman; c’est dommage.

Un roman à la lecture agréable mais qui s’évapore une fois terminé, d’où ma note: 12/20.

J’inscris cette lecture au challenge Jacques à dit « titre sans verbe » novembre 2013 de Métaphore, LC avec Netherfield Park (son avis) et remercie chaleureusement PriceMinister et Oliver pour l’organisation de cette manifestation spéciale rentrée littéraire.

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10 réflexions sur “La grâce des brigands

  1. Ping : La grâce des brigands de Véronique Ovaldé / Rentrée littéraire 2013 | Netherfield Park

  2. J’aime beaucoup ta conclusion : « Un roman à la lecture agréable mais qui s’évapore une fois terminé ». C’est tout à fait ce que j’ai ressenti une fois le livre refermé. C’est triste… En tout cas, nos avis se rejoignent. Sympa cette petite LC. 😉
    Bon yoga! ^^

  3. Ping : Challenge "Jacques a dit" – Novembre – Pas de verbe | Métaphore

  4. c’est drôle, moi j’ai ressenti un sentiment de bonheur à la fin, mais comme vous, je crois que le thème, l’intrigue, le contexte pouvaient donner bien d’autres choses intéressantes.

    1. De mon côté je trouve que la fin n’a ni queue ni tête, qu’elle est parachutée parce qu’il faut en faire une; cela participe à ce méli mélo de mots…vraiment dommage! En revanche je n’ai ni ressentie tristesse ou bonheur, une indifférence totale, peut-être suis-je passée à côté…en tout cas merci pour ce petit mot, C’est sympa d’échanger!

      1. si tu veux, la fin nous était déjà annoncée un peu dès le début, ce qui est dommage, car c’est téléphoné. Pour ma part, comme j’aime bien les « contes de fée », j’aurais aimé un destin plus positif quand même.

  5. Ping : La grâce des brigands de Véronique Ovaldé / Rentrée littéraire 2013 | Dans le manoir aux livres

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