Viol, une histoire d’amour

Viol, une histoire d’amour de JC Oates, Points, réédition juillet 2010, 183 pages, Roman, littérature américaine contemporaine.

  • viol une hist d'amour de JC OATESMon résumé version courte: Martine ou Tina Maguire est une belle femme et l’assume sans être vulgaire pour autant. Mais elle attire le regard des femmes jalouses et des hommes désireux. Veuve et mère d’une adolescente de douze ans, Bethel dit Bethie, elle fréquente un homme du nom de Casey. Sa vie, ainsi que celle de sa fille bascule le soir du 4 juillet 1996 quand elle se fait violer par cinq jeunes ivres et drogués. Bethie échappe de peu au même sort que sa mère. Laisser pour morte, elle est découverte par un policier, John Dromoor. S’ensuit alors une descente progressive aux enfers. Bien qu’elles aient identifié leurs violeurs, ces derniers bénéficient d’une clémence du juge et d’une très bonne défense grâce à leur talentueux avocat, Kirkpatrick qui renverse la situation: oui, il y a eu rapports sexuels mais ils étaient consentis. Tina ment. Et la rumeur, déjà latente, explose « Ça lui pendait au nez. Elle le cherchait. Tout le monde savait ce qu’elle était. » C’est comme si elle était violée une deuxième fois. A la fin de cette première audience de ce mois de septembre 1996, Tina craint que la justice ne soit pas de son côté. Dromoor le sent aussi. Le 11 octobre 1996 Jimmy Delucca est tué par deux balles du revolver de Dromoor. La légitime défense sera accordée au policier. Puis fin octobre, les frères Pick disparaissent du jour au lendemain, leur voiture étant retrouvée abandonnée. Enfin, le 22 novembre, trois jours avant le procés, c’est Fritz Haaber qui s’immole avouant  par écrit qu’il ne peut plus vivre avec le viol de Tina sur sa conscience. Puis le temps fait son oeuvre, et Dromoor retourne à son quotidien, loin de Tina qui refait sa vie tout comme Bethie qui grandi en passant sous silence ce traumatisme.
  •  Mes impressions: Le style d’écriture de l’auteur, que j’ai trouvé haché, m’a gênée. Or, bien que je m’y suis habituée, je ne suis pas totalement rentrée dans l’histoire; le scénario est somme toute banal et ne m’a absolument pas surprise: une femme se fait violer, un flic taciturne et présentant quelques troubles psychologiques décide de la venger quand il réalise que la justice ne sera pas rendue. Et, une fois l’affaire terminée chacun part de son côté, ni vu ni connu…Pourtant, le traumatisme des deux femmes est justement décrit et la réaction du public est malheureusement une réalité, mais soit il manque la part de sensibilité dont j’ai besoin pour apprécier un livre, soit je ne l’ai pas détectée et suis passée à côté de quelque chose…En revanche, ce n’est pas le thème du viol qui m’a posé problème ou qui aurait pu me refroidir, car j’ai récemment lu d’un auteur français, La salle du bain du Titanic, roman très court auquel j’ai accroché. En y réfléchissant, j’ai peut être été plus sensible à l’écriture de Véronique Ovaldé, justement parce qu’elle ne dit pas, tout est implicite et lourd alors que chez JC Oates, les mots sont balancés crûment et tels quels; il est donc possible que le côté « choc des mots » ne me conviennent pas, mon imagination travaillant très bien toute seule. Sa manière agressive d’amener son histoire, pour appuyer la violence de l’acte et du ressenti est trop directe et ne m’a pas parlé. En effet, ce procédé me semble superficiel, une description glauque et choquante d’un viol me semble plus facile à décrire que le « après ». Le viol physique est un crime, mais le viol de l’esprit et la destruction lancinante de la femme est tout aussi affreuse. Comment s’en sortir? Quelles vies (vie sociale, vie de femme, vie de famille) avoir après avoir été violée? Se faire justice soi-même est-il source de réconfort? Tina a-t-elle réellement trouvé la paix? Je trouve que Oates n’a pas suffisamment insisté sur ces questions de fond et c’est peut être ça que j’attendais d’elle…

Bref, une première découverte de l’oeuvre JC Oates qui ne m’émeut guère. Ni enthousiasmée par l’auteur ni réellement déçue, il demeure néanmoins vrai que je ne me jetterai pas sur un Oates de si tôt…

Troisième participation au Challenge US de Noctenbule et deuxième au challenge romancières américaines de Miss G.

challenge_us

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15 réflexions sur “Viol, une histoire d’amour

    1. Ravie de te faire faire des économies 😉 après, il est possible que d’autres peuvent aimer, je n’ai pas vu d’avis sur ce livre chez nos copines de la blogo donc pour comparer ce n’est pas évident…

      1. Tout à fait d’accord avec toi! Ce qui intéressant C’est aussi de pouvoir échanger…bref, je ne m’attendais pas à ce genre de lecture au regard des commentaires dithyrambiques lus sur Oates, j’ai tiré le mauvais numéro…

  1. Certains thèmes de JCO ne me tentaient pas alors j’avais décidé de la découvrir avec son roman « jeunesse » (enfin c’est vite dit). Et j’ai pris une grande claque dans la figure, il s’agit de Nulle et grande gueule que je te conseille fortement.

      1. Effectivement, je n’en ai pas fait, je ne l’ai pas écrit tout de suite et après c’était trop tard car je n’avais pas pris de notes. Mais j’étais à deux doigts du coup de coeur !

    1. J’ai l’impression de ne pas être tombée sur le bon numéro; je vais en lire un autre et me faire ma propre opinion sur Oates qui a tout de même des avis positifs; ceci dit, j’ai la conviction qu’elle n’est pas pour moi…

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