Londres, la nuit

Londres la nuit, de Charles Dickens, Rivages Poche-petite bibliothèque, 218 pages, littérature anglaise.

londres la nuitComment résister d’une part à un Dickens et d’autre part à cette si jolie couverture?

  • Notes liminaires: Si nous connaissons Dickens le romancier, nous connaissons moins Dickens le journaliste…Je n’ai pu résister plus longtemps: je me devais de découvrir ce talent de mon auteur chouchou du moment…Les écrits de Dickens, qu’ils soient journalistiques ou romancés, sont en fait interdépendants: sans son activité de journaliste, il n’aurait sans doute pas été aussi brillant dans ses romans, et inversement. Allons voir cela de plus près!

Résumé: Le livre est composé de neuf articles écrits entre 1850 et 1860 qui traitent de Londres, ses quartiers, la Tamise, ses habitants, et la police, complétés d’un plan de Londres pour mieux suivre ses déambulations diurnes et nocturnes, qui ont été publiés dans les deux revues qu’il  dirigea à savoir: Household Words, pour laquelle il devient directeur en 1850, et All the Year Round, qu’il créé lui-même en 1859 après avoir laissé de côté Household Words. 

Dans Nuit sans sommeilDickens, subissant une insomnie, livre ses pensées telles qu’elles lui arrivent: citations d’auteurs tels Washington Irving ou Shakespeare, réflexion sur le sommeil: est-il le même pour tous? Y-a-t’il rupture de classe sociale lorsqu’on dort? Puis, le soir et la nuit emproi aux angoisses l’envahissent, comme en fait tout insomniaque digne de ce nom: il se rappelle la pendaison d’un couple de meurtrier…

Avec Perdu, nous en apprenons davantage sur le petit garçon qu’il était puisque alors qu’il vient de se perdre dans Londres, nous sommes face à un enfant insouciant qui erre dans divers quartiers, qui déjà observe le monde qui l’entoure, et qui rêve à de grandes espérances…Tiens, cela me fait penser à un de ses romans…

A travers Un quartier perturbé, il dénonce les conséquences de la mutation industrielle sur la vie d’un quartier; on  retrouve toute sa verve satirique tant pour les politiques que cette nouvelle économie qui apparaît dont la figure de proue est le chemin de fer.

Ses Promenades nocturnes nous permettent de le suivre au gré d’un Londres endormi où se révèle une vie nocturne: quartiers glauques accentués par la nuit sombre et froide, une inquiétante Tamise, des individus étranges…

La police enquête ou compte-rendu d’interviews avec Scotland Yard!

En tournée avec l’inspecteur Field nous permet de visiter le Londres des bas-quartiers en pleine nuit et de faire connaissance avec la vie nocturne où l’inspecteur Field règne en maître absolu.

L’article En suivant la marée fait de la Tamise un être visqueux et angoissant.

Scène nocturne à Londres, se déroule de mémoire dans le quartier de Whitechapel, où Dickens fait ressortir tout son humanisme. Il s’agit de l’article que je préfère de ce recueil. 

Un amateur fait sa ronde. développe le cercle de promenade de Dickens. 

  • Mes impressions: Je n’ai malheureusement pas écrit ce billet tout de suite après ma lecture et voilà que je sèche…Toujours est-il qu’avec du recul ces articles ne valent pas un roman de Dickens car trop courts; l’exercice est de toute façon différent donc incomparable… Cependant, ils demeurent extrêmement intéressants pour s’approprier davantage son oeuvre romanesque. Sans cette activité d’observateur-analyste, de sociologue, c’est à dire sans ce « travail d’anthropologue social », je suis persuadée que le rendu et les messages qu’il a distillé n’auraient pas eu une telle réalité criante; finalement, je pense qu’il a été un témoin de son temps et s’est servi de sa plume et de ses fictions pour mettre en exergue son point de vue –que je qualifierais de juste et humaniste, mais suis-je suffisamment objective pour avancer cela?   

Les descriptions à la fois issues de la réalité qui l’entoure mais aussi de ses rêveries voire parfois de ses hallucinations, les conditions de vie du peuple, les rencontres avec les truands, les conséquences de l’industrialisation qui laisse apparaître une nouvelle économie, la faim et le manque d’hygiène… observés au gré de ses déambulations diurnes et nocturnes lui ont permis de critiquer la société victorienne avec la sombre ironie que j’apprécie tant chez lui: Dickens constate que « la société maintient les poches de misères au sein même de la prospérité pour mieux les contrôler » et les dénoncer!

On retrouve ses tournures de phrases, son style quoi que plus lisse, afin d’observer -à mon avis- l’objectivité du journaliste; à un moment donné il se réfère à un scandale financier lié à un chemin de fer…cela m’a fait penser à Quelle époque! de Trollope, ce dernier a très bien pu s’inspirer de ce fait divers pour tisser son intrigue.

Ainsi, nous avons là une lecture enrichissante pour mieux comprendre l’auteur et son époque: à lire si vous voulez aller plus loin dans l’analyse de Dickens! 

Et hop, une participation que j’ajoute au Challenge Victorien 2013 d’Arieste!

victorien-2013

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10 réflexions sur “Londres, la nuit

  1. C’est vrai que la couverture est jolie. J’aime bien cette collection.
    Ca a l’air bien intéressant. Mais je sens que tu es mûre pour lancer un challenge Dickens. 😛

    1. Je peux te le prêter si il te tente (mais je t’entends me dire que tu as déjà une tonne de livres…hihihi) Un challenge Dickens, why not? Tu serais partante, histoire qu’on soit au moins 2?

  2. J’hésitais à me procurer ce livre mais ton article me donne envie. Comme je n’ai jamais lu Dickens (honte à moi), je ne sais pas si je peux commencer par celui-ci ou plutôt opter pour un roman… Lequel pourrais-tu me conseiller pour une première lecture ?

    1. Si j’étais toi, j’attaquerais plutôt un roman pour mieux goûter à l’univers de Dickens; je ne suis pas encore très calée mais mon coup de coeur va vers « Un conte de deux villes » qui traite d’une histoire de famille, avec des secrets, qui vit entre Londres et Paris au temps de la Révolution française; si tu aimes l’Histoire, fonce! Sinon, « De grandes espérances » pourrait te plaire, il faut se mettre dedans, mais quel délice…C’est l’histoire d’un petit garçon qui part de rien qui devient un homme gentleman dont la vie est peuplée d’espérances du fait de ses rencontres…De l’avis général, David Copperfield est son meilleur roman ou du moins le plus abouti et frôlerait sa bio mais je ne l’ai pas lu et il fait le double de page que les autres…Maintenant, tu peux aussi commencer par celui-ci pour une première approche, mais j’ai apprécié cette lecture plus qu’une autre car justement elle fait écho à l’écrit romanesque de Dickens…Bref, tout dépend de ton envie du moment, mais tu ne peux pas être déçue, selon moi, par cet auteur!

  3. Ping : Rétrospective de cette année 2013 | Les livres de Camille

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