« Comme une confidence crépusculaire »

Lettre d’une inconnue, de Stefan Zweig, extrait de Amok, Le livre de poche, littérature autrichienne, 54 pages, des pages 103 à 157.

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  • Résumé: Le célèbre romancier, M. R…, rentre chez lui, le jour de son anniversaire, après un séjour prolongé à la montagne, et s’enquiert du courrier reçu durant son absence. Après un tri, il s’attarde sur une longue lettre « rédigée à la hâte, d’une écriture agitée de femme » , de plusieurs feuillets, qui va lui raconter l’histoire d’une femme: celle d’une adolescente, d’une jeune femme puis d’une femme mais aussi celle d’une maman. Un voile mystérieux pèse sur cette lettre qui semble parachutée chez lui par hasard ou peut-être par erreur. Pourtant, progressivement les liens apparaissent, se tissent, entre M. R le romancier et l’inconnue, qui se révélera ne pas être si inconnue que cela avant de sombrer à nouveau dans l’anonymat…Malheureusement, la réception de cette lettre n’est subordonnée qu’à une tragédie…
  • Mes impressions: Zweig nous entraîne sans fioritures dans cette lettre, que nous parcourons d’une traite. Les mots sont pesés, les phrases interpellent le lecteur et plus particulièrement la lectrice, qui se retrouve à un moment ou à un autre dans les dires de cette inconnue. Je suis incroyablement surprise par la connaissance de l’auteur sur les pensées intimes et attitudes que peut avoir une femme à plusieurs moments clés de sa vie; cette lettre est telle une confidence voire même une autobiographie. L’inconnue, à partir de l’événement le plus intolérable qui peut survenir dans la vie d’une mère, remonte le temps. Ainsi dans cette lettre, elle se dévoile en tant qu’adolescente, si naïve vis à vis de son voisin dont elle tombe amoureuse, victime d’un coup de foudre comme on rêve toute d’en avoir! Adolescente donc, elle épie et guette son voisin, se contentant de peu comme de ramasser ses mégots de cigarettes et les garder précieusement tel un trésor…Jeune femme, alors que sa beauté se révèle bien qu’elle ne semble pas encore la maîtriser, elle le séduit malgré elle, car elle l’aime depuis ses 13 ans; l’amour profond qu’elle lui voue secrètement justifie qu’elle se donne à lui si facilement. Elle prend ce qui lui offre, n’exige rien en retour, profite de ces moments qui sacralisent son amour, tout en lui érigeant au fond de son être les plus belles attentions, la fidélité la plus pure. Il est vrai que son amour pour cet homme vire à l’obsession et paraît démesuré voire fou, mais n’est-ce pas cela, l’Amour? A aucun moment, elle n’ira polluer sa vie, se contentant de rencontres fortuites, ne vivant que pour lui, et par conséquent souffrant en silence de ne pouvoir partager sa vie. Car elle partage la vie d’autres hommes; en effet, mère célibataire à une époque où cela n’était pas convenable et voulant le meilleur pour son enfant, elle use de ses charmes pour s’offrir, et offrir au fruit de son amour, la plus douce et agréable vie possible. J’ai été très marqué par les conditions de l’accouchement de cette femme. Seule, elle s’est rendue dans un hôpital miteux pour les pauvres qu’elle décrit comme un « abattoir de la souffrance »; cela sera un des éléments déclencheurs qui la pousseront à avoir une vie que certain qualifierait de débauche. Finalement peu importe la vie qu’elle a, je trouve que sans prétention de sa part, elle explique ses choix les moins pires pour s’en sortir en tant que mère célibataire au début du XX° siècle; qui pourrait juger de son badinage à elle lorsqu’on connaît la légèreté de vie que s’accorde M. R…, Romancier? Mais a-t-elle été heureuse? J’ai des doutes…Il y aurait encore beaucoup de choses à dire et à analyser tant les sentiments et l’émotion se dégagent à chaque phrase; aussi je vous propose de la lire et de vous en faire votre propre opinion. Un texte très court mais avec une vraie valeur! 

Grâce à cette LC partagée avec Noctenbule et Métaphore, j’ai découvert Stefan Zweig plus tôt que prévu, et ne compte pas m’arrêter là!

     

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7 réflexions sur “« Comme une confidence crépusculaire »

  1. Je n’ai pas lu ton billet parce que je ne veux rien à savoir, mais ta dernière phrase me laisse penser que ça t’a plus et ça me suffit. Je reviendrai quand je l’aurai lu !

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